Côte d’Ivoire / Prosuma et Yango Food / Un partenariat qui impacte le marché du travail ivoirien

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Yango Food s’impose comme un acteur clé de l’épicerie en ligne en Côte d’Ivoire en connectant les consommateurs à une offre complète de supermarché via son application, avec des partenaires comme Hyper U, Casino Mandarine et Bonprix. L’intégration de Casino Mandarine génère rapidement des volumes importants et prouve l’efficacité de la plateforme à relier une demande croissante à une offre disponible 24h/24 et 7j/7. En combinant technologie et distribution physique, Yango Food reproduit l’expérience en magasin en ligne (disponibilité en temps réel, accès continu) et contribue à transformer le commerce de détail en créant directement des opportunités économiques.

Derrière chaque commande passée depuis un smartphone, il y a une chaîne humaine que l’on ne voit pas toujours. En Côte d’Ivoire, l’essor du commerce en ligne et de la livraison rapide redessine discrètement le marché de l’emploi local. Non pas en créant des emplois précaires, mais en structurant une nouvelle catégorie de travailleurs du numérique.

Le phénomène s’observe d’abord dans les chiffres. Depuis que les enseignes du groupe Prosuma, Hyper U, Casino Mandarine et Bonprix, ont rejoint la plateforme Yango Food, le besoin en coursiers actifs a progressé mécaniquement : une vingtaine de partenaires supplémentaires par semaine pour chaque nouveau point de vente intégré. Au-delà d’Abidjan, l’expansion vers des communautés périphériques génère jusqu’à une centaine d’emplois additionnels chaque année dans des zones qui avaient jusqu’ici peu accès à l’économie numérique.

La corrélation entre développement commercial et création d’emplois est directe, et Serge-Eric Gnamkey, Directeur-Pays de Yango Food en Côte d’Ivoire, en mesure l’impact au quotidien.

« Nous avons constaté une corrélation directe entre l’intégration des supermarchés Casino Mandarine sur l’application Yango et l’augmentation des commandes pendant les heures creuses de la restauration, le matin et l’après-midi. Cela a contribué à augmenter les revenus des coursiers. Par ailleurs, le fait que les magasins Casino Mandarine restent ouverts 24h/24 a créé de nouvelles opportunités de revenus en soirée », explique-t-il.

Mais la nature de ces emplois a profondément évolué. Le coursier d’aujourd’hui ne se contente plus de circuler entre un entrepôt et une adresse. Il maîtrise l’utilisation d’un smartphone professionnel, navigue sur l’application, lit et confirme des commandes, scanne des codes-barres, gère la chaîne du froid, applique des protocoles d’hygiène alimentaire et assure une communication client en temps réel. Autant de compétences transmises via des formations structurées déployées par Yango.

« Nous proposons des programmes de développement professionnel en trois niveaux : la préparation de commandes et la gestion des erreurs au niveau 1, la gestion des stocks en magasin au niveau 2, et les outils numériques au niveau 3. Nous recommandons également aux professionnels ivoiriens la certification Certified Supply Chain Manager du Six Sigma Global Institute, pour renforcer leur valeur sur le marché de l’emploi », précise Serge-Eric Gnamkey.

L’impact se propage bien au-delà du coursier. L’intégration de ces enseignes dans la plateforme a généré des rôles qui n’existaient pas avant l’essor du e-commerce : superviseurs e-commerce, préparateurs en magasin et responsables logistiques dédiés au quick commerce. Une main-d’œuvre jeune, âgée de 18 à 45 ans, avec une proportion féminine atteignant 40 %, qui intègre ainsi les standards mondiaux de la distribution moderne. Le discours glisse du travail manuel vers la construction de carrière.

Le partenariat prend aussi une dimension plus humaine. Pendant le Ramadan, Hyper U a mis à disposition son parking pour accueillir un Iftar organisé en faveur des coursiers, avec distribution gratuite de repas et de boissons, illustrant ce que cet écosystème peut être à son meilleur : non pas une simple chaîne logistique, mais une communauté.

La Côte d’Ivoire regarde souvent vers l’extérieur pour mesurer sa transformation numérique. Peut-être devrait-elle regarder davantage ce qui se passe à l’intérieur, dans la rue, sur une moto, entre un supermarché et une porte d’appartement.

R.K

Nasopresse.com