Abidjan s’impose comme le point de départ d’une nouvelle dynamique régionale en faveur de la souveraineté alimentaire. Ce mardi 5 mai 2026, à Cocody, la capitale économique de la Côte d’Ivoire a abrité le lancement officiel des AWARDS de l’élevage et de l’aquaculture (ALAQ 2026), autour du thème : « Financement bancaire : moteur de croissance et de compétitivité des filières agropastorales et aquacoles en Afrique de l’Ouest ».

À cette occasion, le commissaire général, Ives N’Goua, a dressé un constat sans détour : malgré un potentiel agricole et hydrique considérable, les pays ouest-africains restent fortement dépendants des importations de produits d’élevage et halieutiques. Pourtant, sur le terrain, les initiatives ne manquent pas. Éleveurs, pisciculteurs, transformateurs, jeunes entrepreneurs et femmes s’investissent quotidiennement pour créer de la richesse.

Face à cette réalité, les AWARDS ALAQ entendent jouer un rôle structurant. « Il s’agit de reconnaître le mérite des acteurs, de faciliter la rencontre entre investisseurs, banques et entrepreneurs, et surtout de renforcer les capacités pour bâtir des entreprises solides et durables », a expliqué le commissaire général. Un appel appuyé a été lancé aux institutions financières pour accroître leurs investissements dans ces filières encore sous-financées, ainsi qu’aux médias pour valoriser les champions locaux.
Pour cette première édition, prévue du 31 août au 2 septembre 2026 à Abidjan, au moins huit pays sont attendus, avec une ambition clairement affichée : faire de cette initiative un levier régional de transformation économique.

Prenant la parole à son tour, Franck Esso a présenté en détail le programme des AWARDS, porté par Elevage.org. Il s’agit d’un projet sous-régional visant à mobiliser près de 4 700 milliards de francs CFA sur quatre ans pour accompagner environ 50 000 opérateurs des filières agropastorales et aquacoles.
Le concept repose sur trois piliers majeurs. D’abord, une compétition destinée à récompenser les meilleurs acteurs du secteur, avec 19 prix par pays et une finale régionale. Ensuite, des rendez-vous d’affaires (B2B) permettant aux opérateurs de présenter directement leurs projets aux banques en vue d’obtenir des financements. Enfin, un programme de renforcement de capacités pour professionnaliser les acteurs et améliorer la qualité des projets soumis.
Au-delà de la compétition, les AWARDS ALAQ se veulent un véritable cadre d’accompagnement. Les lauréats bénéficieront d’un suivi technique et financier assuré par des cabinets spécialisés, afin de garantir la viabilité de leurs projets et leur accès durable au crédit bancaire.

L’ambition est claire : réduire les importations alimentaires, stimuler la production locale et créer massivement des emplois. « Nous ne lançons pas seulement une cérémonie, mais une véritable révolution africaine », a insisté Ives N’Goua.
Soutenu par plusieurs partenaires institutionnels et financiers, le projet s’inscrit dans une vision globale de souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest, en misant sur trois leviers essentiels : l’accès au financement, la structuration des acteurs et la valorisation des initiatives locales.

À travers cette initiative, Abidjan confirme son rôle de hub régional pour les grandes réflexions économiques, avec en ligne de mire une transformation durable des filières agricoles et aquacoles.
Moussa Camara
Nasopresse.com