Côte d’Ivoire / Reportage sur l’Elevage du mouton / Une activité qui rapporte gros

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Le mouton est un mammifère domestique de la famille des bovidés et de la sous-famille des caprinés ; son élevage attire aujourd’hui de nombreux ivoiriens. Cela, à cause de sa rentabilité.

En Côte d’Ivoire, l’élevage de mouton se fait de façon domestique et traditionnelle dans toutes les régions du pays. La variété de mouton élevée en Côte d’Ivoire est le mouton Djallonké. Un éleveur qui dispose un peu de moyen peut commencer avec 20 agneaux, dont 3 mâles et 17 femelles. Le prix des agneaux s’évalue entre 5000f et 20 000f cfa selon les espèces. Selon Salif Samanké, éleveur à Odienné dans le nord de la Côte d’Ivoire a déclaré que pour réussir dans ce domaine, il faut mettre l’accent sur le logement des bêtes.

« La construction de l’enclos des moutons est très important pour la réussite de cette activité. La surface de l’abri couvert devra être calculée en fonction du nombre des animaux susceptibles de se trouver au même moment dans le troupeau. La température ambiante varie entre 25 et 38 degré. La bergerie est construite en tenant compte de l’effectif en phase de croisière. Elle doit être construite dans un endroit entièrement dégagé, mais non loin d’un pâturage. Le terrain doit être légèrement sur une pente pour éviter ainsi la stagnation de l’eau mais aussi facilité l’entretien du pâturage. La bergerie la mieux adaptée est celle qui présente un parc de nuit de 2,40m carré pour brebis suitée ou un abri rectangulaire de 0,60m carré de brebis suitée et une clôture d’une hauteur de 1,10m et constituée de grillage urus tendu entre des poteaux distants de 1,5m. Du côté équipement, il faut prévoir des mangeoires, des abreuvoirs une trousse zootechnique et petits outillages. Les mangeoires doivent des dimensions de 2m multiplié par 0,45 m et fait en bois pour 50 moutons. Les abreuvoirs sont quant à eux en plastique 100l, ou métalliques de 2m à 0,5m, avec une profondeur de 50 cm. La trousse zootechnique contenant d’une boite de 100 boucles, 1 sécateur, des pesons de 50 kg et 5 kg pour servir à la construction et à la séparation des dégâts que pourraient causer les ovins sur leur l’enclos. Le petit outillage est fait brouette, pelles, râteaux, pioches, dabas, machettes…, et sert au nettoyage et l’entretien de l’abri des moutons. », a expliqué cet éleveur de mouton.

Aussi, l’alimentation détermine le développement des ovins. Les pâturages naturels ou cultures fourragères, graminées ou légumineuses, plantes herbacées ou ligneuses sont des ressources primordiales pour les moutons. Leur utilisation se fait par pâturage direct, distribution à l’auge, mise en réserve avec consommation différée. Interrogé, M Kouassi Yao, éleveur à Bouaké dans la région de gbêkè de la Côte d’Ivoire a indiqué que le nombre de moutons adultes, qu’il est possible de nourrir annuellement à l’hectare de pâturage varie en fonction de la pluviométrie.

« Les sous-produits des céréales tels que les pailles représentant un aliment grossier et fibreux, de valeur alimentaire faible. Ils peuvent satisfaire les besoins énergétiques des moutons à l’entretien (béliers au repos). Elles constituent un aliment excellent pour le bon fonctionnement du tube digestif et sous réserve d’une complémentation ne nuisent pas aux performances.  Les moutons peuvent consommer également les sous-produits de la transformation des grains comme des balles, les farines basses, les brisures du riz, le son de maïs et de blé. Ces derniers sont utilisés dans des mélanges concentrés. Les sous-produits des légumineuses sont recommandés, ainsi que les racines et tubercules. Les lianes et fanes d’igname ou de patate sont de bons fourrages, de même que les épluchures de manioc. Ainsi, sur le plan de la reproduction, il faut noter que la stratégie de reproduction des moutons est semblable à celle des autres espèces de bétail. Un troupeau de brebis est généralement fécondé par un seul bélier. La plupart des brebis ont des saisons de reproduction dues au rapport jour et nuit sachant que certains soient en mesure de reproduire tout au long de l’année. Les brebis atteignent généralement leur maturité sexuelle à partir de huit mois, les éleveurs attendent qu’elles aient un an pour les laisser se reproduire afin d’éviter les accidents dus à des grossesses précoces. Les béliers sont matures sexuellement entre six et huit mois. Les brebis ont des cycles menstruels de 17 jours, avec un œstrus de 24 à 36h, l’ovulation ayant lieu entre 18 à 36h après le début de la chaleur, période au cours de laquelle elles dégagent une odeur qui indique aux béliers qu’elles sont prêtes à s’accoupler. », a souligné cet éleveur de la région de gbêkè de la Côte d’Ivoire.

En effet, sur le volet santé, il faut souligner que pour éviter tout intoxications et les maladies chez les ovins, il est important de se méfier des produits comme les pesticides, les engrais minéraux, les huiles de vidange ainsi les liquides de refroidissement des radiateurs des voitures qui contiennent de l’éthylène glycol, un antigel très agréable au goût mais très toxique. Les maladies les plus connus chez les moutons sont la cryptosporidiose, la fièvre catarrhale ovine, la diarrhée, la pasteurellose et la tremble du mouton. De ce fait, il y a deux mesures de prévention fondamentales et simples à observer pour le maintien des animaux en bonne santé à savoir la bonne nutrition et la réduction de stress.

Commercialisation

Sur ce chapitre, la commercialisation des moutons a lieu dans le district d’Abidjan après l’abattage des bêtes qui sont par la suite acheminés directement dans les marchés. Le kilogramme de viande est vendu à 3500f. Pour des moutons qui ont un poids moyen de 20kg peuvent être vendu à 70 000f cfa par bête. De ce fait, l’éleveur peut toucher la baguette somme de 7 millions de f cfa s’il décide de vendre tous ses montons. Cela, après avoir investir entre 800 000f et 1million de F Cfa.

Moussa Camara