Du 22 au 24 avril 2026, la ville de Buyo a servi de cadre à un atelier de formation initié par la RAIDH, autour du thème de la décentralisation en Côte d’Ivoire. Animée par Dr. LANGUI Marc, Enseignant-chercheur à l’Université Péléforo Gon de Korhogo, cette session a permis aux acteurs locaux de mieux s’approprier les mécanismes, les enjeux et les défis de ce pilier de la gouvernance moderne.

Représentant le Maire de la Commune de Buyo, KONE Daouda le Premier Adjoint au maire, Koné Daouda, a réaffirmé l’engagement de la municipalité, dirigée par YAO YAO Lazare, à soutenir toutes les initiatives favorisant les droits humains, la paix sociale et la cohésion entre les populations. Il s’est félicité de la collaboration entre les institutions partenaires et les acteurs locaux de la région de la Nawa, qu’il a qualifiée de « fructueuse ».
Au centre des travaux, la décentralisation a été présentée comme un processus par lequel l’État transfère une partie de ses compétences à des collectivités territoriales dotées d’une autonomie juridique. L’objectif est clair : rapprocher la prise de décision des citoyens à travers les régions et les communes. Deux approches principales ont été développées, à savoir la décentralisation territoriale, axée sur la gestion locale, et la décentralisation fonctionnelle, orientée vers des missions spécifiques.
Prenant la parole, la sous-préfète de Dapéoua, KONE Salimata DIABY, Représentante le Préfet de Département de Buyo, souligné que la décentralisation, telle que consacrée par la loi de 2012, constitue une avancée majeure vers un État moderne, proche des citoyens et soucieux de leur bien-être. Elle a insisté sur les responsabilités accrues des collectivités territoriales, appelées à agir avec efficacité, transparence et dans le respect des droits humains.
Les échanges ont également mis en exergue les conditions indispensables à la réussite de la décentralisation, notamment l’existence d’organes autonomes, la disponibilité de ressources adaptées aux réalités locales et la reconnaissance d’une personnalité juridique permettant aux collectivités d’agir en toute légitimité.
Partenaire financier de l’initiative, la Fondation Konrad Adenauer, à travers son chargé de programme, Docteur Goli Théodore, a rappelé l’exigence de redevabilité qui accompagne ce processus. Selon lui, les élus locaux doivent être en mesure de rendre compte de leurs actions et de justifier les décisions prises dans la gestion des affaires publiques.
L’atelier a aussi offert l’occasion de revisiter l’évolution de la décentralisation en Côte d’Ivoire, depuis l’époque coloniale jusqu’aux réformes récentes. Après plusieurs phases d’expérimentation et de renforcement, le pays est entré, depuis 2012, dans une nouvelle dynamique marquée par la consolidation des régions et des communes comme principales collectivités territoriales.
Au-delà des concepts, les participants ont été sensibilisés aux enjeux majeurs de la décentralisation, notamment son rôle dans le développement local, la promotion de la démocratie participative, la cohésion sociale et la valorisation des potentialités économiques et culturelles.
Mais des défis persistent. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une gouvernance exemplaire, d’une gestion rigoureuse des ressources publiques et d’une implication effective des citoyens dans les processus décisionnels.
À Buyo, cette initiative du Regroupement des Acteurs Ivoiriens des Droits Humains (RAIDH) et de son partenaire la Fondation Konrad Adenaeur s’impose ainsi comme un levier important pour renforcer les capacités locales et promouvoir une gouvernance de proximité, inclusive et tournée vers le développement durable en Côte d’Ivoire.
Moussa Camara
Nasopresse.com