À l’occasion d’une nouvelle édition du « Café du Développement », la question de la pénibilité du travail des enfants dans le secteur cacaoyer a été au cœur de débats intenses. Hervé Gobou, président du Réseau Médias et Développement (RMD), revient sur les enjeux de cette rencontre, le constat dressé sur le terrain et la vision portées par son organisation pour pérenniser la filière tout en protégeant les droits des enfants.

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire fait face à des défis majeurs concernant la durabilité de sa production agricole. Parmi eux, la question de la pénibilité et des travaux dangereux exécutés par des enfants reste une réalité souvent méconnue ou trop peu abordée.
L’édition du Café du Développement a permis de donner la parole aux acteurs de terrain et aux fondations engagées dans la cause infantile. Les témoignages recueillis lors des échanges confirment l’existence effective de tâches pénibles et risquées imposées aux enfants au sein des plantations.

Pour Hervé Gobou, président du RMD, l’objectif central de cette initiative est d’éveiller les consciences : « C’est une problématique qui est réelle, mais qui n’est pas toujours abordée. Pour nous, c’est d’attirer l’attention de toute la communauté nationale sur un fléau qui peut être un problème pour la durabilité de la cacao-culture en Côte d’Ivoire. »
Les discussions ont notamment mis en lumière la nécessité d’établir une véritable synergie d’action entre tous les intervenants pour réduire, voire éliminer complètement, ces pratiques néfastes.
Le message véhiculé par le RMD est clair : la place de l’enfant est à l’école, et non dans les champs de cacao. La protection des plus jeunes contre les travaux dangereux constitue un impératif moral et social indiscutable.

Au-delà des simples débats, le RMD entend traduire ces réflexions en actions directes et concrètes sur le terrain. À travers la Déclaration d’Abidjan, le réseau de médias s’engage à marquer le territoire ivoirien par des productions journalistiques ciblées, écrits, reportages et visuels, afin de sensibiliser l’opinion publique et de faire respecter fermement les droits des enfants.
Représentant le Dr Ted Fonh-Gbéi, président fondateur de la Fondation EFG, Mme Aké a réaffirmé l’engagement de l’organisation à œuvrer sur l’ensemble du territoire national (notamment à Affery, M’Bahiakro, Daloa et Yamoussoukro) sans distinction.
La fondation martèle qu’aucun développement n’est durable s’il se fait au détriment des enfants. La place de l’enfant est à l’école, sur les bancs de la classe avec un stylo, loin des travaux champêtres dangereux et des charges inadaptées à son âge.
En plus du soutien scolaire, la fondation met un accent particulier sur la formation professionnelle des parents (métiers du bâtiment tels que l’électricité, la plomberie et la maçonnerie) afin de leur offrir les moyens d’une autonomie réelle pour subvenir aux besoins de leurs foyers.
Aussi, la fondation a encouragé l’expression des talents artistiques des jeunes et ouvrir la voie à des partenariats solides avec le secteur privé, les médias et les organisations citoyennes pour pérenniser ces actions.

Abondant dans le même sens, Éden Kouadio, représentant de la Fondation Kouyo, a mis en lumière le rôle incontournable de la cellule familiale dans l’éducation et la socialisation des plus jeunes.
Selon la Fondation Kouyo, une famille équilibrée et stable constitue le premier rempart pour protéger l’enfant contre les dérives et l’exposition aux risques extérieurs.
L’intervenant a rappelé que l’utilisation d’enfants ou d’adolescents dans des travaux agricoles à risques (manipulation de pesticides, outils dangereux) doit cesser. La sensibilisation de proximité doit s’intensifier, invitant notamment la diaspora et les jeunes urbains à s’impliquer dans leurs villages d’origine.
Les deux fondations s’accordent à dire que seule une alliance sacrée entre l’État, les producteurs, la société civile et les médias permettra de briser le cycle de la pauvreté et d’offrir un avenir radieux à la jeunesse ivoirienne.
Moussa Camara
Nasopresse.com