Face à la répression de la marche du 11 octobre, le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, dénonce une restriction inquiétante des libertés publiques. Dans un message empreint d’émotion et d’espoir, il appelle les Ivoiriens à ne pas céder à la résignation.
Trois jours après la violente dispersion de la marche du Front commun de l’opposition, le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, a choisi de sortir de son silence. Dans une déclaration publiée le lundi 13 octobre 2025 sur la page Facebook officielle de son parti, l’ancien ministre du Plan s’est dit “profondément attristé” par les violences qui ont émaillé la manifestation du 11 octobre, organisée pour contester le quatrième mandat du président Alassane Ouattara.

Le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam. Photo: Archive
“Nous avons attendu 2025 avec l’espoir de débattre d’idées et de projets pour la Côte d’Ivoire. Au lieu de cela, nous voyons des bastonnades, des gaz lacrymogènes et des arrestations. C’est profondément regrettable”, a déclaré Tidjane Thiam.
Le leader du plus vieux parti ivoirien a tenu à exprimer sa solidarité avec les 250 militants interpellés, dont deux militantes du PDCI arrêtées “pour avoir simplement parlé à la presse étrangère”.
S’interrogeant sur la brutalité du revirement des autorités, Tidjane Thiam a rappelé que les marches précédentes du 14 juin et du 9 août s’étaient déroulées dans un calme exemplaire. Selon lui, c’est l’interdiction arbitraire de la marche du 11 octobre qui a engendré le chaos.
Pour le président du PDCI-RDA, le pouvoir a installé un climat de peur et de méfiance, contraire aux principes démocratiques.
“On essaie de se protéger contre je ne sais quel danger. Dans un pays où l’opposition s’est comportée de façon légaliste, responsable et calme… Pourquoi créer un climat où l’on interdit aux uns et aux autres d’exercer une liberté fondamentale ?”
Dans une critique frontale du régime actuel, Tidjane Thiam s’en prend à l’usage récurrent du terme “houphouëtisme”, brandi comme une référence par le pouvoir en place.
“L’houphouëtisme, ce n’est pas se recueillir sur la tombe du président Houphouët-Boigny. C’est faire vivre ses valeurs : la paix, le dialogue et l’amour du prochain. Rien de cela n’est compatible avec les bastonnades et la répression.”
En invoquant l’héritage du Père fondateur de la Nation, Thiam dénonce une trahison morale du legs politique d’Houphouët-Boigny, dont il se veut l’héritier fidèle.
À l’approche d’une présidentielle sous tension, Tidjane Thiam et plusieurs figures majeures de l’opposition dont Laurent Gbagbo ont été écartées de la course pour des motifs judiciaires ou administratifs. Une situation que le leader du PDCI juge antidémocratique. “Une élection vidée de son sens démocratique”, dénonce-t-il.
Malgré cette mise à l’écart, Tidjane Thiam appelle les Ivoiriens à garder la foi et à préserver l’espérance d’un changement pacifique.
Dans la dernière partie de son message, le président du PDCI-RDA adopte un ton empreint de résilience et de confiance en l’avenir.
“Ce n’est pas ma personne qui compte, mais l’espoir. L’espoir d’une Côte d’Ivoire réconciliée, où la justice est impartiale et où chaque citoyen peut s’exprimer librement. Cette Côte d’Ivoire est possible, et elle sera.”
En ces temps de crispation politique, Tidjane Thiam relance le débat national sur la gouvernance, les libertés et l’avenir démocratique du pays. Un message fort, lancé comme un signal d’alerte mais aussi comme un appel à l’unité et à la dignité citoyenne.
“À tous ceux qui nous lisent et nous soutiennent : merci du fond du cœur.” Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA
Moussa Camara
Nasopresse.com