Côte d’Ivoire / Reportage filière bétail / Voici les difficultés qui poussent les éleveurs à l’abandon

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La ferme MaÏga contient environ une centaine de têtes de bœufs. Nous nous sommes à cette ferme pour comprendre mieux les difficultés liées à la filière bétail en Côte d’Ivoire. Reportage !

Situé dans la commune d’Anyama dans le district d’Abidjan, la ferme Maïga est l’une des fermes les plus convoités par les professionnels du bétail. Ils viennent tous acheter les bœufs pour la consommation de la population ivoirienne. Certains viennent uniquement pour acheter du lait. Selon le responsable de la ferme Maïga, les clients qui achètent plus le lait résident à Cocody. Le quartier le plus chic de la Côte d’Ivoire. La ferme Maïga qui a une centaine de bœufs est surveillé par plusieurs peuls dont le chef est Aly. « Chaque matin, nous faisons la collecte de lait qui doit être vendu, ensuite nous désinfectons les bœufs toutefois en identifiant les bœufs malades. Ces bœufs qui ne respirent pas la grande forme, nous informons le responsable de la ferme qui aussitôt alerte un vétérinaire. », souligne Aly.

Dans cette ferme, un bâtiment construit servant au logement des travailleurs, des citernes d’eau, des robinets et des sacs de peau de manioc. Connu sous le sobriquet Papa, le responsable de la ferme Maïga, Maïga Boul Kassoum habite à Cocody. Mais, chaque matin Papa se rende dans sa ferme avec sa voiture Toyota chargé des sacs de peau de manioc pour nourrir ses bœufs. Selon lui, il achète ses sacs de manioc à des femmes ou des producteurs. Pour ce faire, M Maïga doit se lever à 4h30mn pour aller chercher ses peaux de manioc. Avant la ferme Maïga était installé à Abobo-Baoulé, nous confie Papa, mais compte tenu de l’évolution très rapide de ce quartier, le responsable de la ferme Maïga a déplacé sa ferme à Anyama très loin d’Abidjan. Malheureusement, cette commune fait partie désormais du district d’Abidjan, La ferme Maïga se trouve en plein ville d’où la cohabitation avec les riverains devient très pénible.

« L’élevage à Abidjan est très difficile. Quand j’installais ma ferme ici à Anyama, il n’y avait personne à cette époque. C’était la forêt. Mais aujourd’hui, la ville est venue me trouver là. Et la cohabitation devient très pénible entre moi et les riverains qui se plaignent tous les jours. Il est très difficile de suivre les comportements des bœufs à la lettre. Les peuls font de leur mieux. Les fermiers d’Abidjan sont toujours à la recherche de nouvelle terre pour installer leurs fermes. Je possède 2ha à Yapo-village près de 10km d’Abidjan. Je dois déraciner les troncs de palmier pour en faire une ferme. Cela demande encore des investissements. Malheureusement, nous sommes obligés de faire avec.

A part cela, je charge presque chaque matin les sacs de peau de manioc et de blé pour servir de nourriture à mes bœufs. Je surveille sérieusement les activités de la ferme et je suis avec mes travailleurs régulièrement. Je suis au parfum de tous les problèmes de la ferme.», a indiqué Maïga Boul Kassoum. Aly, le chef des travailleurs soutient que la ferme rende elle aussi de nombreux service à ces riverains. Selon lui, ils accourent chaque matin la ferme pour s’en procurer du lait.  Interrogé, les avis sont partagés chez les riverains. Certains ôtent pour son démantèlement par contre d’autres souhaitent qu’elle reste.

Moussa Camara