Côte d’Ivoire / Culture et transformation de champignons / M Segbo John Martin, directeur de SMAK Agro-alimentaire : « La Rentabilité de la culture du champignon est plus élevé que toutes les autres cultures »

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Connu sous le sobriquet, Monsieur champignon, M Segbo John Martin s’est spécialisé dans la culture et la transformation de champignons.  Parmi les producteurs en Côte d’ivoire, il est le seul à avoir un vrai laboratoire de production de semence de champignon. Nous l’avions suivi de son laboratoire de production de semence jusqu’à la récolte et la commercialisation du champignon. Reportage.

Lundi, 20 janvier 2024.  Il est 09h 07mn, quand nous franchisons la porte du laboratoire de production de semence de champignon de M Segbo à Cocody. Nous découvrons un laboratoire moderne ; nous apercevons plusieurs déchets tels que des sciures de bois, de manioc, des fibres de  graine de palmier à huile, de café…..etc qui sont des substrats (sol artificiel) déjà ensemencés qui sortiront dans quelques jours des champignons. « J’ai fait ce laboratoire pour produire des semences de qualité pour moi-même, et pour tous les producteurs locaux qui sont obligés de se diriger vers le Ghana pour s’en approvisionner parce qu’il ya un grand laboratoire d’Etat de production de semence. La présence de ce nouveau laboratoire me permettra d’expérimenter d’autres espèces tropicales. », a-t-il indiqué.

Dans la salle de préparation des déchets agricoles, des barriques qui servent à la pasteurisation des déchets et des bouteilles vides. Ces bouteilles seront remplies à leur tour de grains de sorgho précuit prêts pour subir la pasteurisation. « La production du champignon a été réduite à la baisse. Avant la crise, la demande était très forte. C’est à partir de 2004 que le marché a connu un recule. En 2010, on a enregistré une chute de la filière du faite de la crise postélectorale. Mais le marché est entrain de reprendre. A l’heure actuelle la production mensuelle est  estimée à peine une demi-tonne au maximum. Parce que plusieurs producteurs ont jeté l’éponge à cause de la durée d’attendre pour l’obtention de la semence. Mais, il faut reconnaitre que le potentiel est énorme. Si  nous arrivions à faire consommer 100g de champignon par semaine par 1 million d’habitant de Côte d’Ivoire, c’est 400tonnes de champignon frais qu’il faudra produire par mois. Et cela fait un milliards d’affaire par mois et 12 milliards par an. Si 2 millions d’habitants consomment 500g par mois, cela donne 2,5 milliards par mois et 30 milliards par an. Vous voyez vous le volume d’affaire que peut générer par à peine 10% d’habitants de Côte d’Ivoire.  Les avantages de culture du champignon sont nombreux : Pratiquement, on peut cultiver le champignon pendant toutes les saisons et dans toutes les régions en Côte d’Ivoire. Le champion est la seule culture dont on peut récolter les fruits toutes les semaines, sinon tous les deux ou trois jours. Cela, toute l’année durant. Je voudrais qu’on crée une filière pour le champignon. », a indiqué ce cultivateur de champignon.

Visite du centre de production

Selon ce spécialiste en culture de champignon, la sciure de bois est le principal substrat de production de champignon. Et, pour ce substrat, il faut attendre 75 à 90 jours pour faire la première récolte.  Mais, il faut, ajoute-il, une fois la production amorcée il faut la même durée pour vider et remplacer les sachets. « Le champignon n’est pas besoin de trop de lumière parce que, plus il fait frais plus les champignons poussent. La production du champignon permet de valoriser les déchets agricoles. Quand nous utilisons ces déchets, cela est profitable pour l’environnement parce que nous évitons aux paysans de brûler ses déchets. Donc, je peux affirmer que la culture de champignon est une culture de développement durable. Avec les déchets agricoles, il faut seulement 1mois pour récolter les champignons. », a-t-il indiqué. Dans le bâtiment d’incubation, nous constatons la chaleur parce que les semences n’ont pas besoin de fraicheur pour se développer.  Selon M Segbo, l’association de la poudre du champignon sec à celle du mil permettrait de faire de la bouillie pour lutter contre la malnutrition infantile (Etude fait en 1998 à l’Université Nangui Abrogua).

« Avant le principal supermarché de l’époque importait les champignons pleurotes. Notre entrée en production en 1997 a permis au responsable de ce supermarché de progressivement diminué leur importation jusqu’à y mettre fin.  Nous avons formé plusieurs coopératives et individu  à la culture de champignon et nous voulons vulgariser cette culture en Côte d’Ivoire parce que nous avons des milliards tonnes de déchets pour la culture de champignon. Le champignon remplace la viande parce qu’il regorge plusieurs vertus. Si un enfant de moins de 5 ans consomme le champignon, cet enfant tombera rarement malade. », a souligné M Segbo John Martin, directeur de SMAK Agro-alimentaire.

 La commercialisation

Du centre de production, nous mettons le cap sur la commune de Cocody. La Commune ou la majorité des clients de Monsieur le champignon résident. Hormis PROSUMA, M Segbo a ravitaillé en champignon, les restaurants, les grandes surfaces, les maquis, les hôtels petits et grands, des écoles et des familles. « Le champignon est pauvre en sucre donc il est bon pour les diabétiques. Il est pauvre en sel donc il est bon pour ceux qui suivre un régime sans sel. Il est pauvre en graisse dont il est bon pour personne qui veut gérer son poids.», a-t-il dit. Dans un grand lycée de Cocody, M Segbo a livré une grande quantité de champignon très important.

Moussa Camara