Côte d’Ivoire / près de 70 ans, le doyen des coursiers-partenaires Yango s’est imposé comme l’un des meilleurs

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Il n’a pas l’âge de s’arrêter. La soixantaine revolue, M. Pani Gnaba Cauleve Delpech est sans doute le doyen des coursiers-partenaires de Yango Food en Côte d’Ivoire. Chaque matin, depuis son logement de Marcory, il enfourche son vélo, ouvre l’application Pro développée spécifiquement pour les coursiers, et attend que son téléphone sonne.

La suite est une question de technologie et d’endurance.

Le processus est limpide. Dès qu’une commande lui est affectée, l’application Yango géolocalise le restaurant concerné, transmet un code de commande sécurisé et trace un itinéraire en temps réel via GPS. À son arrivée au comptoir, M. Delpech communique le numéro et le code à la caissière. La validation déclenche automatiquement l’affichage de la destination finale sur son écran. Pas d’appel téléphonique, pas d’intermédiaire. La technologie fait le lien entre le restaurant, le coursier et le client en quelques secondes.

Ce système numérique a changé la donne pour cet homme de la génération des années 60, qui a traversé la fermeture d’Air Afrique, enchaîné les petits boulots et travaillé des années dans la sécurité privée avant de se tourner vers la livraison de repas. En tant que coursier-partenaire, les revenus sont hebdomadaires, versés chaque mercredi directement sur son compte, avec une visibilité quotidienne sur les gains réalisés. Un système de bonus vient compléter la rémunération selon les performances. «C’est moi qui décide de mes efforts, et donc de mes revenus», dit-il.

En décembre, sans même savoir qu’un tel classement existait, M. Delpech est désigné parmi les meilleurs coursiers du réseau. On l’appelle pour venir récupérer un prix : un smartphone. En janvier, son téléphone sonne à nouveau. Un second appareil l’attend, pour ses performances du mois. Huit mois de vélo, deux récompenses, et aucune demande de sa part.

Ceux qui ont initialement remis en question son métier, comparant son vélo aux motos, ont depuis changé d’avis. Dans les restaurants où les coursiers se croisent entre deux commandes, on l’appelle «le doyen». Les plus jeunes lui rendent hommage. Ce respect, il estime l’avoir construit autant par ses performances que par son attitude sur le terrain. «C’est un métier de contact. Si vous n’avez pas la maîtrise de soi, vous ne pouvez pas l’exercer à plein temps. La consigne de Yango est claire : garder son calme, ne jamais répondre aux provocations. Ce métier m’a rendu moins fougueux, et je m’en porte mieux», affirme-t-il, le regard déjà tourné vers la prochaine étape : une moto pour aller plus vite, travailler mieux, gagner plus. Après, peut-être un véhicule pour s’installer dans le transport.

M. Delpech retrouve sa femme et ses cinq enfants encore à charge à Bonoua chaque week-end. Le reste de la semaine, il pédale. Tant qu’il y a la vie, dit-il, il y a de l’espoir.

R.K
Nasopresse.com