Financier américain, proche de plusieurs élites politiques, économiques et médiatiques, Jeffrey Epstein s’est retrouvé au cœur d’un vaste scandale international de trafic sexuel impliquant des mineures. Déjà condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution de mineure en Floride, il est arrêté de nouveau en 2019 par la justice fédérale américaine pour trafic sexuel, avant d’être retrouvé mort dans sa cellule à New York la même année. Son réseau présumé et les ramifications internationales de ses relations continuent, depuis, d’alimenter révélations et controverses.

M Sacré Abel, journaliste-éditorialiste. Photo: S.A
L’onde de choc provoquée par les divulgations successives autour de cette affaire se propage bien au-delà des frontières américaines. À mesure que la justice des États-Unis rend publics de nouveaux documents, des noms émergent, des connexions apparaissent et, avec elles, des interrogations légitimes. Parmi les personnalités citées figure Nina Keita, présentée par plusieurs médias comme une nièce du président ivoirien Alassane Ouattara.
Les archives judiciaires évoquent des échanges électroniques et des contacts qui auraient eu lieu entre 2011 et 2018. Il est question de rencontres à New York et à Abidjan, dans un cadre décrit comme lié à des discussions d’investissement. Certains documents mentionnent également un possible rôle d’intermédiation dans des dossiers à caractère économique et sécuritaire.
À ce stade, toutefois, aucun acte d’accusation ni aucune procédure judiciaire n’ont été annoncés, ni en Côte d’Ivoire ni aux États-Unis, concernant les interactions évoquées. Il est fondamental de rappeler qu’apparaître dans des documents judiciaires ne constitue pas, en soi, la preuve d’une infraction. La présomption d’innocence demeure un principe intangible de l’État de droit.
Pour autant, le contexte ne saurait être banalisé. Chaque nouvelle révélation ravive la suspicion et élargit le champ des responsabilités potentielles.
En Côte d’Ivoire, ces éléments alimentent inévitablement le débat public. Lorsque des proches présumés du pouvoir sont cités dans des dossiers d’une telle ampleur, l’exigence de transparence devient une nécessité politique autant qu’éthique. Le silence officiel, même juridiquement compréhensible, laisse place aux spéculations et fragilise la confiance.
Dans une démocratie moderne, la gestion des zones d’ombre est déterminante. Il ne s’agit ni de condamner sans preuve ni d’innocenter par principe. Il s’agit d’exiger que toute la lumière soit faite, avec rigueur et sérénité. Car au-delà des noms et des polémiques, c’est la crédibilité des institutions et la solidité de l’État de droit qui se jouent.
Sacré Abel
Nasopresse.com