CÔTE D’IVOIRE / CHÔMAGE DES DIPLÔMÉS / APRÈS 20 ANS À L’ÉCOLE, C’EST ZÉRO FRANC ?

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Il y a des jeunes qui ont passé presque toute leur jeunesse à l’école. Du CP1 à l’université, certains ont avalé les années scolaires comme on avale les comprimés : sans compter ! Quinze, vingt, voire vingt-cinq ans de cahiers, de cours, d’examens et de diplômes. Tout ça pour quoi ? Se retrouver à la maison, diplôme sous le bras et portefeuille au régime sec !

Pourtant, ce n’est pas tombé du ciel. C’est bien l’État qui a encouragé les populations à scolariser leurs enfants. L’école est même devenue une obligation à un certain âge. Aux parents, on a répété qu’il fallait envoyer les enfants à l’école pour leur garantir un meilleur avenir. Les familles ont donc investi, parfois jusqu’au sacrifice, dans la formation de leurs progénitures.

Mais à la sortie, surprise ! Le diplôme est là, le chômage aussi. Le jeune cherche du travail, dépose des dossiers, passe des concours, répond aux annonces et attend. Il attend tellement longtemps que son diplôme risque de prendre la poussière avant son premier salaire.

Attention ! On ne demande pas à l’État de fabriquer un emploi pour chaque diplômé. Ce serait irréaliste. Mais quand une nation encourage ses enfants à passer vingt ans sur les bancs de l’école, peut-elle simplement les abandonner à leur sort une fois les études terminées ?

C’est là que le débat sur une indemnité mensuelle pour les diplômés sans emploi prend tout son sens. Pourquoi ne pas envisager une allocation de transition professionnelle dont le montant serait sensiblement proche du SMIG ? Une somme qui permettrait au moins de payer le transport pour chercher du travail, se nourrir et éviter de rester éternellement une charge pour les parents.

Bien entendu, cette indemnité devrait être encadrée : inscription comme demandeur d’emploi, vérification des diplômes, durée limitée et participation éventuelle à des stages ou programmes d’insertion. Il ne s’agit pas de payer les gens à rester couchés à la maison. Il s’agit de leur donner un minimum de dignité pendant qu’ils cherchent leur place dans la société.

Car il faut arrêter de faire comme si le diplômé au chômage était forcément un paresseux. Certains ont travaillé dur, obtenu leurs diplômes et frappé à toutes les portes. Mais les portes ne s’ouvrent pas toujours.

L’État a encouragé les jeunes à investir vingt ans de leur vie dans l’école. Il doit aussi réfléchir à ce qu’ils deviennent après. Sinon, à quoi sert de pousser les enfants à étudier jusqu’au doctorat si, au bout du compte, leur seule promotion est de passer de la chambre des parents au salon familial ?

À force de former des diplômés sans leur offrir de perspectives, on risque de fabriquer une génération de désillusionnés. Et ça, aucun diplôme ne peut le réparer !

Sacré Abel
Nasopresse.com