Côte d’Ivoire / Plainte contre l’État / Cahié Kunta et les Chapeaux rouges haussent le ton

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Après le dépôt de sa plainte au Conseil d’État, le président du mouvement des Chapeaux rouges, Cahié Kunta, a animé une conférence de presse ce lundi 24 août 2026 dans la commune de Yopougon, à Abidjan. Entouré de nombreux journalistes et acteurs de la presse, il a exposé les motivations profondes de cette action judiciaire inédite ciblant l’État de Côte d’Ivoire.

Face à la presse, Cahié Kunta a réitéré les axes de lutte de son mouvement, articulés autour de trois principaux points de contestation :
• L’ajout unilatéral de 200 FCFA : Les Chapeaux rouges dénoncent l’application de frais supplémentaires de 200 FCFA prélevés arbitrairement lors des réabonnements via Mobile Money, sans aucune explication transparente ni justification détaillée de la part de l’opérateur.
• Le non-respect de la gratuité des chaînes nationales (TNT) : Un décret présidentiel signé le 19 août 2020 par le Président Alassane Ouattara impose aux opérateurs de bouquets satellites de diffuser à titre gracieux les chaînes de la télévision numérique terrestre. Le mouvement s’insurge contre le silence prolongé de la HACA et des autorités compétentes face à cette situation qui perdure depuis six ans.
• Le coût élevé des abonnements : Les tarifs pratiqués pour les bouquets standard sont jugés exorbitants pour une large frange de la population ivoirienne, contraignant les ménages à des choix financiers lourds au quotidien.

Interrogé sur le choix de cibler l’État plutôt que directement l’entreprise privée, le conférencier a comparé l’institution étatique à un arbitre défaillant :
« Lorsque deux personnes se battent sur un ring, il y a un arbitre. Nous portons plainte contre l’État de Côte d’Ivoire parce que c’est à l’État de veiller au strict respect de ses propres décrets et d’assurer son rôle de garant des droits des citoyens. »

Clarifiant la nature de son organisation, Cahié Kunta a tenu à souligner que les Chapeaux rouges ne constituent pas une association de consommateurs traditionnelle, mais bien un mouvement citoyen flexible, apolitique et irréligieux.


Les actions menées sur le terrain ainsi que les procédures judiciaires sont entièrement financées par la solidarité citoyenne, à travers une caisse participative en ligne et des contributions volontaires de la population et de la diaspora ivoirienne, en toute transparence.

En conclusion de cette rencontre avec les médias, le président des Chapeaux rouges a appelé l’ensemble des citoyens à rester mobilisés et calmes, réaffirmant la détermination du mouvement à poursuivre ce combat de manière strictement pacifique, légale et républicaine jusqu’à ce que le droit soit dit.

Moussa Camara
Nasopresse.com