Côte d’Ivoire / Yamoussoukro : 3ème Conférence Entomologique / Des experts en conclave pour éradiquer les insectes dévastateurs

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Depuis le 5 mai 2026, l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) est le centre névralgique de la recherche entomologique africaine. Plus de dix nations se sont réunies pour la 3ème Conférence Entomologique de Côte d’Ivoire, avec un objectif clair : transformer la science des insectes en solutions concrètes pour l’agriculture, la santé et l’environnement.

C’est un véritable carrefour du savoir qui s’est ouvert ce mardi à Yamoussoukro. Avec des délégations venues de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, de Guinée, du Mali, du Sénégal, du Bénin, du Cameroun, du Congo-Brazzaville, mais aussi d’Europe (Portugal, Allemagne, Angleterre), ce colloque souligne l’importance stratégique de l’entomologie dans le développement des nations.

​La diplomatie scientifique au service du développement

​Représentant le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Adama Diawara, son Chef de cabinet adjoint a d’emblée situé les enjeux. Pour le gouvernement ivoirien, la réponse aux défis communs passe par une « diplomatie scientifique » active. « La mutualisation des ressources et la mise en réseau des expertises permettent de générer des solutions plus robustes et pérennes », a-t-il déclaré. L’enjeu majeur reste la capacité des chercheurs à sortir des laboratoires pour impacter les politiques publiques et le secteur productif.

​Agriculture : Protéger les cultures et l’environnement

​Le secteur agricole, pilier de l’économie ivoirienne, est au cœur des débats. Le Professeur Kouadio a rappelé que l’entomologie est aussi vitale que la fertilisation des sols : « L’entomologie contribue à accroître la croissance de la plante et à la protéger, garantissant ainsi un très bon rendement ».

​Une innovation marquante a été présentée par M. Soro Yaya, doctorant à l’Université Nangui Abrogoua. Ses travaux sur le charançon du palmier visent à mettre fin à l’abattage destructif des arbres pour la récolte des larves consommées localement. Son projet d’élevage contrôlé sur déchets agricoles promet une source de protéines durable sans nuire aux plantations de palmiers et de cocotiers.

​Santé publique : Une lutte ciblée contre les vecteurs

​Sur le plan médical, la conférence bénéficie d’expertises internationales de haut niveau. Le Professeur Christian Borgemeister, de l’Université de Bonn, a insisté sur la nécessité de comprendre l’écologie profonde des moustiques avant d’agir.

​De son côté, la Professeure Christiana Elechi-Amadi, venue du Nigeria, a plaidé pour l’utilisation de technologies de pointe pour identifier précisément les espèces de moustiques. Elle appelle à une union des forces entre les pays africains et les partenaires internationaux pour former la jeune génération de chercheurs et éradiquer les maladies vectorielles sur le continent.

​Yamoussoukro, capitale de la science

​L’accueil de cet événement a été chaleureusement salué par les autorités locales. M. Willson Agba, 7ème adjoint au maire de Yamoussoukro, a réaffirmé la fierté de la cité des Lacs d’abriter ces réflexions porteuses de solutions pour la sécurité alimentaire et la biodiversité.

​Le Docteur Ouattara, Secrétaire Général du FONSTI et Président du Comité d’Organisation, a conclu la session d’ouverture en invitant les participants à renforcer leurs réseaux : « Nous espérons que cette conférence sera pour chacun une opportunité de nourrir sa réflexion scientifique et d’initier de nouvelles collaborations ».

​Pendant plusieurs jours, les experts continueront d’échanger pour que la lutte contre les insectes nuisibles devienne un levier de croissance et de bien-être pour les populations africaines.

Ferdinand KEYN

Nasopresse.com