Interview/ Indiscipline, sanctions et leadership : L’Honorable Zekre Zadi Christ Yvan décrypte l’actualité politique

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Alors que le RHDP fait face aux conséquences des actes d’indiscipline de certains de ses membres, ayant bravé les consignes du parti lors des dernières échéances électorales, la question de l’autorité et de la cohésion interne reste au cœur des débats. Dans le même temps, l’ascension politique du Vice-Premier ministre, Tené Birahima Ouattara, suscite commentaires et interrogations. Dans cet entretien, l’Honorable Zekre Zadi Christ Yvan, député de Dabouyo (commune et sous-préfecture de Guéyo), livre son analyse sans détour lors d’une interview accordée à notre équipe ce mardi 14 avril 2026 à Cocody Angré 8 ème tranche.

1. Sur les sanctions au RHDP

Que pensez-vous des sanctions contre les membres indisciplinés du RHDP ?

Les sanctions prises par le parti me paraissent tout à fait justifiées. Dans toute organisation sérieuse, il existe des règles qui encadrent le fonctionnement et garantissent la cohésion. Au RHDP, dans le cadre du processus de désignation des candidats, chaque prétendant a signé une déclaration sur l’honneur s’engageant à soutenir le candidat retenu s’il n’était pas choisi. Dès lors, toute personne qui ne respecte pas cet engagement se met en porte-à-faux vis-à-vis du parti. Cela pose un véritable problème de crédibilité.

Étaient-elles nécessaires ?

Oui, elles étaient nécessaires. La discipline est un pilier fondamental de toute organisation. Ce type de comportement n’est pas nouveau : lors des élections précédentes, des cas similaires avaient été observés, et le président du parti, Alassane Ouattara, avait fait preuve de clémence. Malheureusement, ces écarts se sont répétés. À un moment donné, il devient indispensable de faire respecter les règles, au risque de fragiliser durablement l’organisation.

Quel impact ont-elles eu sur le parti et son image ?

Il est évident que ces sanctions ont un impact, notamment sur la base militante. Dans certaines localités, des personnalités influentes se sont présentées en indépendants, ce qui peut créer des divisions et fragiliser la cohésion du parti. Par exemple, dans ma zone, des responsables locaux importants ont fait ce choix et disposent d’un électorat réel. Cela dit, cet impact peut être maîtrisé. Il faudra mener un travail de terrain pour ramener ces acteurs au sein du parti et reconstruire l’unité. Nous avons encore du temps pour y parvenir.

Comment concilier discipline du parti et liberté des cadres ?

C’est une question délicate, mais essentielle. La liberté des cadres doit s’exercer dans le respect des règles que nous nous sommes librement fixées. Dans toute société organisée, la discipline prime sur les intérêts individuels. Aucun cadre ne peut se considérer au-dessus des textes du parti. Lorsque chacun respecte les règles, l’équilibre se maintient naturellement et les tensions sont limitées.

Y a-t-il de meilleures façons de gérer les désaccords internes ?

Oui, sans doute. Il faut surtout agir en amont. Beaucoup de frustrations naissent du processus de sélection des candidats. Je pense que le parti gagnerait à anticiper davantage, en lançant ce processus un à deux ans avant les élections. Cela permettrait d’identifier progressivement les profils les plus consensuels, en tenant compte des réalités du terrain et de l’adhésion de la base. À l’inverse, des choix précipités à quelques mois du scrutin créent souvent des incompréhensions et des tensions.

2. Sur Tené Birahima Ouattara

Comment expliquez-vous son ascension rapide en politique ?

Son parcours s’explique avant tout par son expérience et les responsabilités importantes qu’il a occupées. Depuis 2011, il a exercé des fonctions stratégiques, notamment à la présidence, au ministère de la Défense et à la primature. Ces postes lui ont permis de se former progressivement à la gestion des affaires de l’État et d’acquérir une solide expérience.

Est-ce grâce à ses compétences ou à d’autres facteurs ?

Il est difficile de nier que son environnement politique a pu jouer un rôle. Cependant, réduire son parcours à cela serait injuste. La gestion de ministères aussi sensibles que la Défense exige des compétences réelles. S’il n’avait pas été à la hauteur, cela se serait rapidement constaté. À mon sens, ses compétences sont avérées. Son parcours montre une capacité d’apprentissage, d’adaptation et de gestion qui justifie les responsabilités qui lui sont confiées.

Mot de fin

En définitive, les sanctions prises par le RHDP s’inscrivent dans une logique de préservation de la discipline et de l’ordre interne. Elles envoient également un message fort sur l’importance du respect des engagements.

Par ailleurs, en ce qui concerne le Vice-Premier ministre, Tené Birahima Ouattara, son parcours témoigne d’une progression constante et d’une réelle capacité à assumer de hautes responsabilités. Il ne reste qu’à lui souhaiter plein succès pour la suite de sa carrière.

Interview réalisée par Ibo François
Nasopresse.com