Face à la presse ce mardi 14 avril 2026, le Ministre-Gouverneur du District d’Abidjan, Ibrahim Cissé Bacongo, a troqué son costume de gestionnaire pour celui de l’homme de terrain. Entre colère froide face à l’insalubrité de certains quartiers et mises au point cinglantes sur ses actions à Makono, il a justifié sa méthode : « Je préfère déplacer les gens que de les laisser mourir ».

Abordant la question sensible des déguerpissements, Ibrahim Cissé Bacongo n’a pas mâché ses mots pour décrire l’horreur des quartiers précaires. Évoquant le quartier « Zimbabwe » ou encore le sous-quartier « 1040 » à Adjamé, il a décrit des conditions de vie inhumaines.
« Allez-y à Zimbabwe. Si vous pouvez y passer 30 minutes, c’est impossible. On a l’impression que ceux qui y vivent sont des extraterrestres, des insectes. J’utilise ce terme sans exagérer », a-t-il déclaré. Pour le Ministre-Gouverneur, l’action du District, bien que perçue comme brutale, est une mission de sauvetage face à la saison des pluies : « On le fait souvent en plein de larmes, mais on le fait pour sauver des vies. »

Le Ministre-Gouverneur a profité de cette tribune pour répondre à ses détracteurs qui l’accusent d’utiliser les moyens de l’État pour son village natal, Makono. Avec franchise, il a rappelé son engagement personnel de longue date.
« Est-ce qu’ils savent que Makono est mon village ? J’y réhabilitais déjà la gendarmerie et construisais la chefferie en 2015, bien avant d’être ministre ou député », a-t-il précisé. Il a fustigé les cadres des régions qui attendent tout de l’État sans contribuer eux-mêmes au développement local. Concernant l’espace touristique de Makono, il a clarifié : « C’était un espace de rêve avalé par la brousse. Je m’implique pour le nettoyer. Si mon village est propre, c’est parce que je m’en occupe. »

Répondant aux questions sur les chantiers en cours à Treichville, notamment au Canal aux Bois, Ibrahim Cissé Bacongo a expliqué sa vision d’une métropole moderne. « C’est un espace qui existait, mais qui n’avait pas d’âme. Nous installons des équipements de pointe : cascades, aquarium, jets d’eau… pour en faire un lieu de rêve pour les grandes cérémonies. »
Il a également annoncé vouloir dupliquer le modèle de réussite du festival « J’aime Houphouët-Boigny » à d’autres communes du District, afin de valoriser l’identité culturelle de chaque zone.
Enfin, le Ministre-Gouverneur a assuré que le gouvernement, sous l’égide du Premier Ministre, reste en état d’alerte. Une cellule spéciale de coordination a été mise en place pour gérer le recasement des populations déplacées de Boribana et de l’Abattoir vers les sites d’Anani et d’Adonkoi.

« Nous allons continuer de sensibiliser, mais nous serons prêts à intervenir dans les zones à risque pour secourir les populations », a-t-il conclu, réitérant que la sécurité des Abidjanais reste sa boussole, malgré les critiques.
Moussa Camara
Nasopresse.com