A la veille du 12ᵉ Congrès de l’Union nationale journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), prévu les 20 et 21 février prochains, la tension monte au sein de la faîtière des journalistes ivoiriens.

Le Collectif des journalistes pour le respect des textes de l’UNJCI a rendu publique une déclaration solennelle contestant la candidature de Monsieur Franck ETTIEN, qu’il estime juridiquement irrecevable et contraire aux textes régissant l’organisation.
Selon le porte-parole du Collectif, Etienne Atta, la contestation intervient dans le cadre de la période officielle de contentieux relative à la liste électorale du Congrès.
« Pour être candidat, il faut être électeur. Pour être électeur, il faut être membre régulièrement à jour. »
Or, d’après le fichier officiel 2024 de l’UNJCI cité par le Collectif, Franck ETTIEN ne disposait ni de la carte 2023, ni de la carte 2024, ce qui l’exclurait de facto de la liste électorale.
Plus grave encore, le Collectif dénonce l’établissement présumé de cartes antidatées en vue de régulariser a posteriori la situation administrative du candidat.
« On ne reconstitue pas un passé administratif pour fabriquer une éligibilité », martèlent-ils.
Pour les signataires, accepter une telle pratique reviendrait à vider les textes internes de toute portée normative.
Le Collectif évoque également une tentative d’introduction d’un statut privilégié implicite pour certains membres des instances dirigeantes, leur permettant d’obtenir des cartes rétroactives.
Il rappelle que l’article 27 du Règlement intérieur impose à la tête de liste de justifier d’une participation régulière aux activités de l’Union durant les trois années précédant le Congrès. « Les textes s’appliquent à tous. Sans exception. Sans privilège. »
Le 28 janvier 2025, devant le Conseil d’administration, l’intéressé aurait déclaré avoir exercé les fonctions de Directeur de Cabinet Adjoint du Président du Conseil régional du Gbôklé jusqu’en avril 2025.
Le Collectif estime que l’exercice d’une fonction administrative et politique est incompatible avec l’éligibilité au Congrès de l’UNJCI.
Selon ses déclarations, le nom de Franck Ettien Tanoh Koffi figurerait toujours sur le fichier 2026 du personnel du Conseil régional du Gbôklé, en qualité d’agent rémunéré par le Trésor public.
Dès lors, plusieurs interrogations sont soulevées :
Comment a-t-il pu obtenir la carte professionnelle de journaliste (CIJP 2025) ?
Pourquoi ces incompatibilités n’ont-elles pas été examinées ?
Comment sa candidature a-t-elle été validée ?
Le Collectif indique avoir saisi : la Commission d’attribution de la CIJP (depuis le 4 février 2026) ; l’Autorité Nationale de la Presse (ANP) ; le ministère de la Communication ; le Conseil d’administration de l’UNJCI ; le Comité d’organisation du 12ᵉ Congrès ; ainsi que le Procureur de la République pour l’ouverture d’une enquête.

Les signataires rappellent qu’en 2022, la liste conduite par Lance Touré avait été invalidée pour non-respect strict des textes.
« Le droit ne peut pas varier selon les personnes. La règle ne peut pas s’adapter à l’ambition d’un candidat. »
Le Collectif salue l’ouverture au dialogue initiée par le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, tout en lui demandant de prendre « toutes ses responsabilités » afin de préserver le secteur des médias et d’éviter de nouveaux troubles à la veille du Congrès.
Il rappelle que les ressources et le patrimoine de l’UNJCI proviennent essentiellement des dons et subventions de l’État, ce qui confère au ministère une légitimité particulière pour intervenir.
Le Collectif affirme qu’il ne laissera pas les textes être « piétinés » et prévient : « Si le Conseil d’administration persiste dans ce passage en force, nous saisirons les juridictions compétentes. »
Il exige notamment : le retrait de la carte de journaliste professionnel à Franck ETTIEN ; l’ouverture d’une enquête sur les conditions de délivrance de cette carte ; que toute personne impliquée réponde de ses actes devant les juridictions compétents.
Les signataires
Les porte-paroles du Collectif :
Etienne Atta (L’Héritage)
Jérôme N’dri (Le Nouveau Réveil)
Fulbert Koffi (L’Infodrom)
À quelques jours du 12ᵉ Congrès, cette sortie publique marque un tournant dans la crise interne que traverse l’UNJCI. Le respect des textes, la transparence électorale et la crédibilité de l’organisation sont désormais au cœur d’un débat qui pourrait dépasser le cadre strictement corporatiste.
Moussa Camara
Nasopresse.com