Côte d’Ivoire / DGI : Le grand déballage ! 120 milliards de pertes, « magouilles » sur les retraites et carrières bloquées, la CODIDGI crève l’abcès

Le Musée des Arts et des Civilisations du Plateau a servi de cadre, ce vendredi 17 avril 2026, à une conférence de presse explosive. La Coordination Dignité de la Direction Générale des Impôts (CODIDGI) y a dénoncé une gestion qu’elle qualifie de « désordonnée », entraînant une moins-value colossale de 120 milliards de FCFA .

Le décor est planté d’entrée par les conférenciers : la DGI ne tourne pas à plein régime. Sous le thème « 120 milliards de moins-values », M. Michael, porte-parole de la coordination, a pointé du doigt des défaillances organisationnelles majeures. Pour le syndicat, cet écart entre les objectifs et les résultats n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe de « pratiques malsaines » et d’un manque de motivation du personnel.

L’un des points les plus virulents de la déclaration concerne la gestion des ressources humaines, et plus précisément le cas de l’ex-Directeur des Ressources Humaines.
« Il faut appeler un chat, un chat. On a un monsieur à la retraite qui a reçu six notes d’intérim sur une période de deux semaines alors qu’il ne vient même plus au travail ! » s’est indigné M. Michael.

Selon la CODIDGI, ce système de « petits intérims » de deux semaines, renouvelés à répétition, bloque l’ascension des compétences internes et crée une instabilité préjudiciable à la production fiscale.

M. Michael et le Secrétaire Général National, M. Konan Kouassi Antoine, ont fustigé le blocage systématique du profil de carrière. Conçu il y a 22 ans et adopté pour la première fois il y a 18 ans, ce schéma de progression reste une chimère pour les agents.
• Copinage vs Compétence : Malgré l’existence de logiciels de gestion et de CV en ligne, la coordination dénonce des « contingences amicales » qui priment sur le mérite.
• Blocage des concours : Les agents se disent étouffés par l’impossibilité de passer les concours professionnels pour devenir chefs de service, la hiérarchie maintient un blocus sur ces évolutions.
• Injustice salariale : Des disparités de traitement entre agents de même grade et de même ancienneté créent un climat de frustration généralisée.

Pour la CODIDGI, la Direction Générale des Impôts pourrait franchir la barre des 10 000 milliards de FCFA de recettes si elle était mieux structurée. Les syndicalistes appellent le Ministre de tutelle à prendre ses responsabilités en signant les arrêtés de nomination et en validant; enfin le profil de carrière, pour mettre fin au « double jeu » de la hiérarchie.

En guise de conclusion, la coordination a annoncé l’instauration d’une nouvelle tradition : chaque 1er mai, les agents se retrouveront en séminaires et panels pour porter la réflexion sur les réformes internes. Une manière de dire que la pression ne retombera pas de sitôt.

Moussa Camara
Nasopresse.com