Le paysage monétique ivoirien s’apprête à vivre une petite révolution. À l’occasion d’un petit-déjeuner de presse organisé ce mardi 26 mai 2026 à Abidjan, MM. Bart Willems (Directeur Général) et Ibrahim Dosso (Directeur Stratégique et Commercial) du groupe OMOA ont officiellement présenté le modèle ATMaaS (ATM as a Service). Portée par sa filiale OPS, cette offre de location de guichets automatiques bancaires (GAB) promet de transformer en profondeur la gestion des distributeurs pour les institutions financières en Afrique.
Pour les banques, l’acquisition et la maintenance d’un parc de GAB représentent un investissement initial lourd (CAPEX). Le modèle « ATM as a Service » d’OPS change radicalement la donne en proposant un système de leasing tout-en-un contre un loyer mensuel (OPEX).
L’impact chiffré : Avec un budget initialement prévu pour acheter 20 GAB, une banque peut désormais en louer 60, triplant ainsi sa capacité de déploiement sur le terrain.
Ce pack clé en main prend tout en charge :
• La fourniture du matériel et des logiciels.
• Les mises à jour de sécurité et la maintenance technique.
• Le back-office, la supervision et la conformité réglementaire.
En effet, les avantages majeurs pour les institutions financières sont :
• Flexibilité financière : Libération de capital pour d’autres investissements stratégiques et visibilité budgétaire accrue.
• Sérénité opérationnelle : Externalisation complète de la gestion technique pour se recentrer sur le cœur de métier bancaire.
• Conformité absolue : Garantie d’alignement avec les standards de sécurité internationaux (comme la certification PCI DSS) et anticipation des échéances futures, notamment la migration sécuritaire de janvier 2029.
Et, ce que cela change pour le client final est :
• Meilleure accessibilité : Un maillage territorial plus dense, rapprochant les services bancaires des populations.
• Disponibilité maximale : Grâce à une supervision proactive, les pannes et les ruptures de stock de billets sont drastiquement réduites.
• Sécurité renforcée : Des mises à jour logicielles régulières permettent de lutter efficacement contre la fraude (notamment le skimming).
Face aux questions des journalistes sur les risques liés à l’externalisation, les dirigeants d’OMOA se sont voulus rassurants. La sécurité repose sur une séparation stricte des compétences :
• Le rôle d’OPS : L’entreprise gère la plateforme technique et les flux, mais n’autorise aucune transaction et n’a aucun accès aux soldes des clients. Sa plateforme est certifiée et renouvelée chaque année selon la norme PCI DSS.
• Le rôle de la Banque : L’institution financière conserve le contrôle exclusif via son système central (Core Banking System), seul habilité à valider ou refuser un mouvement de fonds.
Détenant entre 56 % et 60 % des parts de marché en Côte d’Ivoire, OPS s’impose comme l’acteur incontournable de l’écosystème de paiement dans la zone UEMOA. L’entreprise s’appuie sur une plateforme technique unique en Afrique subsaharienne (représentant plusieurs millions d’euros d’investissement), un centre de données stratégique basé à Lomé (Togo), et des partenaires mondiaux de premier plan tels que NCR Atleos et Thales.
Au-delà des banques commerciales, ce modèle de mutualisation des coûts cible également les institutions de microfinance. OPS travaille déjà sur des solutions adaptées au secteur informel, comme la digitalisation des tontines ou le micro-crédit.
Ce petit-déjeuner de presse a permis de mettre en lumière une tendance de fond : l’externalisation des infrastructures. En adoptant l’ATMaaS, les banques ivoiriennes s’offrent une opportunité en or de réduire leurs coûts opérationnels tout en améliorant la qualité de service pour leurs usagers, soutenant ainsi activement la croissance économique et l’inclusion financière du pays.
Moussa Camara
Nasopresse.com