Lors de l’Africa Space Expo, qui s’est tenue ce jeudi 24 septembre 2026 au Parc des expositions d’Abidjan, nous sommes allés à la rencontre de Traoré Abdoul Karim, informaticien au Centre National de Calcul de Côte d’Ivoire (CNCCI). Dans cet entretien, il met en lumière le rôle stratégique et incontournable du calcul haute performance (HPC) et du big data dans le développement et la gestion souveraine du pays.

Traoré Abdoul Karim insiste sur l’omniprésence des technologies de calcul dans divers secteurs clés de l’économie et de la science en Côte d’Ivoire :
• La prévision météorologique de précision : Grâce aux supercalculateurs, il est possible d’anticiper les phénomènes météorologiques sur l’ensemble du territoire avec une grande exactitude.
• La gestion environnementale et les catastrophes naturelles : Le traitement des données permet de surveiller l’érosion côtière (« les avancées de la mer ») et de prévenir les risques liés aux feux de brousse.
• L’agriculture et l’agro-industrie : Couplé à l’imagerie satellitaire, le calcul haute performance permet d’estimer les rendements et le tonnage des cultures, notamment pour la filière cacao, tout au long de la campagne agricole.
• La conquête spatiale : « Aujourd’hui, pour être dans l’espace, il faut avoir de bons calculs. Tu ne peux pas faire ça si tu n’as pas un calculateur », relève-t-il, soulignant la chance pour la Côte d’Ivoire de disposer de cette infrastructure de pointe sur son propre sol.

Pour l’expert du Centre National de Calcul, l’utilisation de ces outils ne relève plus du luxe, mais d’une nécessité absolue : « Je dirais sans passer par mille chemins qu’on ne peut rien faire aujourd’hui sans cette machine en Côte d’Ivoire. Ça, c’est une réalité […]. On est incontournable. »
S’adressant aux Ivoiriens, Traoré Abdoul Karim lance un appel fort pour inciter la population à s’approprier ces technologies :
« Il faut chercher à connaître ce site et à se situer. Nous sommes là pour les Ivoiriens et pour l’État de Côte d’Ivoire qui a financé cette infrastructure. C’est un lieu ouvert à tout le monde pour s’informer et se former à l’utilisation de ces outils. »
Il précise par ailleurs que la formation n’est pas réservée qu’aux seuls spécialistes des chiffres : informaticiens, mathématiciens, climatologues, ainsi que tout citoyen désireux d’élargir ses compétences y ont leur place.
Moussa Camara
Nasopresse.com