La Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix accueille, durant trois jours, le Forum national sur le foncier et la cohésion sociale.

Réunissant membres du gouvernement, autorités coutumières, juristes et membres de la société civile, cet événement initié par la Médiature de la République ambitionne de poser les jalons d’une gouvernance foncière apaisée et durable.
Une mobilisation institutionnelle d’envergure
C’est dans une ambiance solennelle et empreinte de gravité que se sont ouverts les travaux du Forum national sur le foncier et la cohésion sociale. Placé sous le haut patronage de Téné Birahima Ouattara, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, le rassemblement a vu la participation de figures majeures de l’État : le Médiateur de la République, Gaussou Touré, les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité, de l’Urbanisme, de l’Emploi, ainsi que des représentants du corps préfectoral et de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels.

Prenant la parole au nom de la ville hôte, le maire de Yamoussoukro, Me Kouassi Kouamé Patrice, a rappelé toute la portée symbolique du choix de la capitale politique :
« Notre ville, attachée aux valeurs de paix, de dialogue et de rassemblement, est heureuse de recevoir les acteurs réunis autour d’une problématique qui touche directement à la stabilité des communautés et au développement de nos territoires. »
L’urgence foncière : un enjeu sécuritaire et sociétal majeur
Le diagnostic partagé par les intervenants est sans appel : la question de la terre est devenue l’un des premiers facteurs de frictions en Côte d’Ivoire. En milieu urbain, les litiges portent sur le cadastre, l’aménagement et la maîtrise de l’occupation des sols. En zone rurale, ce sont l’accès à la terre, les limites de terroirs, les successions et la coexistence entre droit coutumier et droit moderne qui cristallisent les tensions.

La gravité de la situation a été illustrée par des chiffres et des constats sans équivoque :
40 % des requêtes adressées à la Médiature de la République concernent directement des conflits d’origine foncière.
Les forces de sécurité (police et gendarmerie) et le corps préfectoral sont sollicités quotidiennement pour maintenir l’ordre face à des différends domaniaux.
Pour le Médiateur de la République, Gaussou Touré, le basculement vers une stratégie proactive s’impose : « Le médiateur a décidé de mettre l’accent sur la prévention plutôt que la seule réparation. La terre représente bien plus qu’un simple bien économique : elle est un patrimoine, une identité, un héritage et le socle même de la cohésion sociale. »
Trois jours de réflexions, d’ateliers et de propositions
Le président du comité d’organisation, Katou Roland, a détaillé le calendrier rigoureux de ces assises axées sur le thème : « La médiation au service de la gouvernance foncière, quelles solutions pour le renforcement de la cohésion sociale en Côte d’Ivoire ? ».
Journée Programme & Objectifs
Jour 1 Conférences inaugurales et panels dressant l’état des lieux de la gouvernance foncière, du lien avec la cohésion sociale et du rôle de la médiation.
Jour 2 Travaux en 4 ateliers thématiques :
1. Sécurisation des droits fonciers et mécanismes de prévention.
2. Foncier périurbain et protection des populations impactées.
3. Régulation des transactions foncières et contrats agraires.
4. Gestion de la transhumance.
Jour 3 Restitution et validation en plénière du rapport général et de la feuille de route.
L’engagement du gouvernement pour des solutions pérennes

Clôturant les interventions de la cérémonie d’ouverture, le Vice-Premier ministre, Téné Birahima Ouattara, a réaffirmé la volonté ferme de l’État d’accompagner les réformes engagées sous la conduite du Président de la République, Alassane Ouattara.
« La résolution durable des conflits fonciers passe nécessairement par le dialogue, l’écoute et la recherche de solutions consensuelles », a-t-il déclaré, soulignant que l’action juridique et administrative doit impérativement s’adosser à une médiation de proximité impliquant chefs traditionnels, collectivités et société civile. Il a assuré que les conclusions et recommandations opérationnelles issues du forum seront examinées avec la plus grande attention par le gouvernement pour faire du foncier un levier de développement et non une source de division.
Ferdinand KEYN
Nasopresse.com