Côte d’Ivoire / Réforme électorale / l’Opposition propose le Haut Conseil Électoral pour tourner la page de la CEI

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Plusieurs partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile ont présenté, ce lundi 8 juin 2026, une proposition de loi organique visant à créer un nouvel organe chargé de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. Réunis au siège du Mouvement des Générations Capables (MGC), à l’initiative de Simone Ehivet Gbagbo, les initiateurs du projet ont dévoilé les grandes lignes du futur Haut Conseil Électoral (HCE), appelé à succéder à la Commission Électorale Indépendante (CEI).

Face aux journalistes, Dr Simone Ehivet Gbagbo a présenté cette initiative comme une contribution au renforcement de la démocratie ivoirienne et à la consolidation de la confiance entre les citoyens et les institutions de la République.

Selon elle, la rencontre du jour dépasse le simple cadre de la présentation d’un texte législatif. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir du système électoral ivoirien et sur la nécessité de garantir des élections crédibles, transparentes et acceptées par l’ensemble des acteurs politiques.

Les promoteurs du projet estiment que, depuis l’instauration du multipartisme en 1990, la Côte d’Ivoire n’a cessé de rechercher un mécanisme électoral capable de rassurer durablement les citoyens et les acteurs politiques.

Ils rappellent que l’organisation des élections a d’abord été confiée à l’administration publique avant la création de la Commission Nationale Électorale (CNE) en 2000, puis de la Commission Électorale Indépendante (CEI), censée renforcer l’autonomie du processus électoral.

Toutefois, malgré ces différentes réformes, les initiateurs du HCE considèrent que les contestations récurrentes et les débats autour de la neutralité de l’organe électoral démontrent que la question de la confiance demeure entière.

Pour eux, l’enjeu actuel est d’éviter une simple reconduction du modèle existant sous une autre forme et de proposer une institution capable de restaurer durablement la crédibilité du système électoral.

Présenté comme une rupture avec les modèles précédents, le Haut Conseil Électoral reposerait sur le principe d’une séparation totale entre l’administration électorale et les acteurs engagés dans la compétition politique.

Les promoteurs du texte souhaitent que l’organe soit entièrement débarrassé de toute représentation gouvernementale ou partisane. Dans cette configuration, les responsables du HCE seraient issus des forces sociales et morales de la nation plutôt que des partis politiques ou de l’administration.

Selon les rédacteurs de la proposition, les membres du futur organe seraient sélectionnés à travers un processus transparent comprenant des appels à candidatures, des enquêtes de moralité, des auditions publiques retransmises à la télévision ainsi qu’un contrôle exercé par la représentation nationale.

Le projet prévoit également une autonomie financière renforcée afin de protéger l’institution contre toute pression administrative ou budgétaire susceptible d’affecter son indépendance.

Au-delà de ses aspects juridiques et institutionnels, cette proposition de réforme poursuit un objectif central : rétablir la confiance dans le vote.

Les initiateurs du HCE ambitionnent de mettre en place une institution suffisamment crédible pour que les candidats acceptent les règles du jeu avant les scrutins et que les citoyens aient la certitude que leur vote sera respecté.

Ils estiment qu’une administration électorale perçue comme impartiale contribuerait à réduire les tensions politiques et à renforcer l’acceptation des résultats électoraux.

Conscients du caractère sensible de la question électorale, les promoteurs du projet affirment que cette proposition ne doit pas être perçue comme celle d’un camp politique particulier.

Ils invitent l’ensemble des forces vives de la nation, pouvoir, opposition, société civile, autorités religieuses et traditionnelles ainsi que les citoyens, à examiner, critiquer et enrichir le texte.

Pour les initiateurs, la réforme du système électoral constitue une opportunité historique de doter la Côte d’Ivoire d’une institution capable de garantir durablement la transparence des scrutins et de préserver la stabilité du pays.

À travers la création du Haut Conseil Électoral, ils disent vouloir répondre à une préoccupation fondamentale : permettre à chaque Ivoirien de participer aux élections dans un climat de confiance, avec l’assurance que la volonté populaire sera pleinement respectée.

Moussa Camara

Nasopresse.com