L’Autorité nationale de la presse (ANP) a organisé, le mercredi 13 mai 2026, un atelier de formation dans le cadre de « ANP Académie session 40 » autour du thème : « Correction de presse, intelligence artificielle et perfectionnement linguistique ». Cette rencontre a réuni des correcteurs de presse et des chefs de service de plusieurs rédactions.

M Assouma Kouassi. Photo : Sacré Abel
Animée par Firmin Yoha, journaliste chevronné ayant débuté comme correcteur de presse, cette formation visait à renforcer les compétences des professionnels des médias sur les techniques de correction, la maîtrise de la langue française et l’usage de l’intelligence artificielle dans le travail rédactionnel.
D’entrée, le formateur a défini le perfectionnement linguistique comme « l’action d’améliorer l’usage que le journaliste a de la langue ». Il a reformulé le thème
de l’atelier ainsi : « La correction de presse à l’ère de l’intelligence artificielle : pratiques et méthodes pour éviter les pièges de la langue ».

M Firmin Yoha. Photo : S.A
Au cours de son exposé, Firmin Yoha a insisté sur le rôle essentiel du correcteur de presse dans la qualité des productions journalistiques. Selon lui, le correcteur doit veiller aux fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe et de typographie. Il a notamment rappelé l’importance de la ponctuation dans la compréhension des phrases.
« Tout le monde pense que c’est élémentaire de savoir qu’à la fin d’une phrase, on met un point. Mais il y en a qui ne mettent pas de point à la fin des phrases », a-t-il déploré.

Une vue de l’assemblée. Photo : S.A
Le formateur a également expliqué le fonctionnement d’une rédaction et les rôles des différents acteurs, notamment le directeur de publication, le rédacteur en chef, le secrétaire général de rédaction, le chef de rubrique et le secrétaire de rédaction.
Selon lui, le directeur de publication demeure juridiquement responsable des contenus publiés et veille au respect de l’éthique et de la déontologie de la profession. Quant au rédacteur en chef, il joue le rôle de « coach » de la rédaction en supervisant le travail des journalistes et en validant les contenus.
Firmin Yoha a insisté sur la nécessité de vérifier et recouper les sources d’information. « Il ne faut pas prendre les sources comme paroles d’évangile », a-t-il averti.
Le formateur a aussi recommandé aux journalistes de s’appuyer sur des références linguistiques reconnues telles que Le Larousse, Le Robert et surtout l’Académie française qu’il qualifie de « Bible du français ».

Séance de questions à la suite de l’atelier. Photo : S.A
Abordant les difficultés fréquentes dans les médias, Firmin Yoha a dénoncé l’abus des anglicismes, des jargons et des répétitions inutiles dans les articles de presse. Il a invité les journalistes à privilégier les équivalents français lorsque ceux-ci existent.
Concernant l’intelligence artificielle, le formateur a présenté plusieurs outils d’aide à la correction comme Antidote, LanguageTool ou MerciApp. Selon lui, ces outils peuvent aider à corriger les fautes, reformuler les phrases et améliorer le style rédactionnel.
Cependant, Firmin Yoha a mis en garde contre les limites de l’IA dans le traitement de l’information journalistique. « Lorsque tu laisses un algorithme toucher à un texte de presse, tu lui donnes du pouvoir sur le style, le sens et la responsabilité », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que l’IA ne maîtrise pas toujours les contextes culturels ou politiques et peut produire des erreurs ou des « hallucinations ». Le journaliste reste donc responsable du contenu publié. « L’IA ne possède ni carte de presse ni carte d’identité », a-t-il rappelé.

Photo de famille de fin de cérémonie
Le formateur a également dénoncé les risques d’uniformisation des styles rédactionnels provoqués par l’usage excessif de l’IA et a plaidé pour le développement d’outils adaptés aux réalités africaines et ivoiriennes.
Enfin, Firmin Yoha a soumis aux participants plusieurs exercices pratiques sur les erreurs fréquemment rencontrées dans la presse, notamment certaines formulations incorrectes comme « Suite à l’accident » au lieu de « À la suite de l’accident ».
Les participants ont salué la qualité des échanges et la richesse des enseignements dispensés au cours de cette session coordonnée par Monsieur Assouma Kouassi.
Sacré Abel
Nasopresse.com