Côte d’Ivoire / Santé / MTN et l’hôpital Saints cœur d’Abobo Clouetcha aux côtés de la population pour la prise en charge des maladies cardiovasculaires et santé mentale

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« Maladies cardiovasculaires et santé mentale : les agents de santé communautaire tirent la sonnette d’alarme »

Interview de Mesdames Diakité Kadidiatou et Salimata Sylla, agentes de santé communautaire à l’Hôpital Général d’Abobo Clouetcha, dans le cadre de Y’ello Care Santé pour Tous 2026

Bonjour Mesdames. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle au sein de l’hôpital ainsi que votre relation avec les populations ?

Diakité Kadidiatou : Bonjour. Je suis Diakité Kadidiatou, conseillère clinique dans la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Notre mission consiste à accompagner les patients au sein de la communauté, à les sensibiliser afin qu’ils prennent soin de leur santé et adoptent des comportements favorables à leur bien-être. Nous entretenons une relation de proximité avec les populations afin de les aider à rester en bonne santé.

Au quotidien, quelles sont les principales réalités sanitaires auxquelles vous êtes confrontées sur le terrain ?

Diakité Kadidiatou : Les principales pathologies que nous rencontrons sont le paludisme, la fièvre typhoïde et l’infection à VIH. Nous sommes également confrontés aux conséquences de l’insalubrité qui favorise certaines maladies, notamment les fièvres typhoïdes.

Quelle place occupent aujourd’hui les maladies cardiovasculaires dans les problèmes de santé communautaire ?

Diakité Kadidiatou : Je peux dire qu’elles occupent une place très importante. Nous constatons de plus en plus de cas liés aux maladies cardiovasculaires dans les communautés où nous intervenons.

Selon votre expérience, quels sont les comportements qui exposent davantage les populations à ces maladies ?

Diakité Kadidiatou : Les principaux facteurs sont une alimentation déséquilibrée, le manque d’activité physique et la sédentarité. Beaucoup de personnes ne font pas suffisamment attention à leur alimentation et ne pratiquent pas régulièrement une activité sportive.

Que conseillez-vous aux populations pour prévenir ces maladies cardiovasculaires ?

Diakité Kadidiatou : Il faut avant tout renforcer la sensibilisation, car les maladies cardiovasculaires sont souvent silencieuses. De nombreuses personnes en souffrent sans le savoir parce qu’elles ne connaissent pas les symptômes. Nous leur recommandons d’adopter une alimentation équilibrée, de pratiquer régulièrement une activité physique, notamment la marche rapide, et d’éviter la consommation de tabac et d’alcool.

Cette édition de Y’ello Care accorde également une place importante à la santé mentale. Quelle est la situation que vous observez dans les communautés ?

Salimata Sylla : La santé mentale demeure un sujet encore peu compris. Beaucoup de personnes vivent dans le stress ou présentent des signes de souffrance psychologique sans en avoir conscience. Même lorsque nous leur conseillons de consulter, elles hésitent souvent à se rendre à l’hôpital.

Pourquoi cette réticence ?

Salimata Sylla : Principalement à cause de la stigmatisation. Dans notre société, lorsqu’une personne souffre de troubles mentaux ou psychologiques, elle est souvent perçue comme folle ou incohérente. Cette peur du regard des autres empêche beaucoup de personnes de chercher de l’aide.

Que faudrait-il faire pour améliorer la prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux ?

Salimata Sylla : Il faut d’abord rendre les soins plus accessibles financièrement. La prise en charge des troubles mentaux peut représenter un coût important pour les familles. Ensuite, il est nécessaire d’accentuer la sensibilisation afin que les populations comprennent qu’il s’agit de maladies comme les autres. Enfin, il faudrait renforcer la présence de psychologues dans les structures sanitaires de proximité.

Pourquoi insistez-vous sur la présence de psychologues dans les aires de santé ?

Salimata Sylla : Parce que nous constatons dans notre travail que la santé mentale influence fortement la prise en charge des patients. Dans le cadre du VIH par exemple, certains refusent ou abandonnent leur traitement par peur du jugement ou de la stigmatisation. Un accompagnement psychologique permettrait d’améliorer leur adhésion aux soins.

Selon vous, qu’est-ce qui empêche encore les populations d’accéder aux soins en santé mentale ?

Salimata Sylla : Il y a d’abord un déficit d’information. Beaucoup de personnes ignorent l’existence de ces services ou ne reconnaissent pas les signes des troubles psychologiques. Ensuite, la stigmatisation reste très forte. Certaines personnes pensent qu’en consultant pour un problème de santé mentale, elles seront automatiquement considérées comme folles. C’est cette perception qu’il faut changer à travers l’information et l’éducation des populations.

Un dernier message à l’endroit des populations ?

Diakité Kadidiatou et Salimata Sylla : Nous invitons chacun à prendre soin de sa santé physique et mentale, à consulter dès les premiers signes de maladie et à ne pas hésiter à se rapprocher des professionnels de santé. La prévention et le dépistage précoce restent les meilleurs moyens de préserver sa santé.

Sacré Abel
Nasopresse.com