À l’occasion de la 7e édition de la Journée Nationale des AVC (JNAVC) célébrée ce jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, le ministre de la Santé, Pierre Dimba, et le président du Conseil d’administration de la CNAM, Kramo Kouassi, ont dressé un état des lieux alarmant et rappelé la nécessité absolue d’une mobilisation générale.

L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) constitue aujourd’hui la première cause de handicap acquis chez l’adulte en Côte d’Ivoire, la deuxième cause de mortalité et la troisième cause de démence. Selon les chiffres alarmants communiqués lors de cette journée, le service de neurologie enregistre plus de 15 000 cas par an, avec un fait particulièrement préoccupant : 30 % des victimes ont moins de 55 ans, touchant ainsi une population jeune et active.

Face à ce « tueur silencieux » dont les principaux facteurs de risque restent l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme et la sédentarité, les autorités appellent à un changement radical de paradigme : chaque minute compte.

Le ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, Pierre Dimba, a rappelé que l’État ne ménage pas ses efforts pour transformer le système de santé ivoirien autour de trois axes stratégiques majeurs :
1. Agir avant l’AVC (La Prévention) :
Intensification des campagnes nationales de dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète (plus de 3 millions de personnes dépistées l’an dernier).
Mesure forte : La mise à disposition gratuite des anti-hypertenseurs essentiels dans les hôpitaux publics.
Lancement d’une application mobile en collaboration avec l’ONG AVC Espoir pour faciliter l’accès aux informations et aux services d’urgence.
2. Agir pendant l’AVC (L’Urgence médicale) :
L’AVC doit être traité comme un infarctus (agir en moins de 4 heures).
Extension des unités vasculaires fonctionnelles : après le CHU de Cocody et le CHR de Bouaké, les hôpitaux de Treichville et Yopougon vont s’en équiper, de même que les futurs pôles d’excellence sanitaire régionaux.

Formation de plus de 200 médecins urgentistes à la thrombolyse (technique permettant de déboucher l’artère en un temps record).
Utilisation du numéro vert d’urgence (143).
3. Agir après l’AVC (La Rééducation et la Solidarité) :
Grâce à la Couverture Maladie Universelle (CMU), les soins de rééducation, les médicaments au long cours et les bilans sont désormais pris en charge à plus de 70 %.
Intégration de l’hypertension artérielle et du diabète dans le panier de soins de la CMU pour réduire les barrières financières.

Prenant la parole, le président du Conseil d’Administration de la CNAM, M. Kramo Kouassi, a insisté sur l’impératif de justice sociale :
« La maladie ne devrait pas conduire une personne à renoncer aux soins, ni contraindre une famille à compromettre durablement son équilibre économique. »
Il a rappelé que l’élargissement de la CMU aux pathologies chroniques telles que l’hypertension artérielle et le diabète depuis 2023 illustre la volonté de la CNAM de lier protection sociale et prévention cardiovasculaire.

Pour clore cette 7e édition de la JNAVC, les autorités ont lancé un vibrant appel :
• Aux citoyens : Adopter une hygiène de vie saine, contrôler régulièrement sa tension et sa glycémie, et apprendre à repérer les signes d’alerte (faiblesse soudaine du visage ou d’un membre, troubles de la parole ou de la vision). Ne jamais recourir à l’automédication en cas de suspicion.
• Aux professionnels de santé : Poursuivre l’éducation sanitaire et renforcer la fluidité du parcours de soins.
• À la société et aux familles : Soutenir les victimes d’AVC pour éviter l’exclusion sociale et préserver leur dignité.
Moussa Camara
Nasopresse.com