À Abidjan, la logistique est souvent le talon d’Achille des petits commerçants. Qu’il s’agisse de livrer une commande de vêtements à Cocody, d’acheminer des matériaux de construction à Yopougon ou de transporter des plats cuisinés à Treichville, les solutions informelles dominaient encore récemment. Dépendre de transporteurs de quartier, négocié des tarifs de dernière minute ou espérer que les marchandises arrivent intactes faisait partie du quotidien. Mais l’essor de services numériques a bouleversé cette routine, en offrant aux TPE et PME un partenaire fiable qui sécurise et professionnalise leurs livraisons.

Le changement se mesure déjà à travers les usages. Près de la moitié des clients de l’offre Cargo de Yango se disent utilisateurs quotidiens, tandis qu’une proportion équivalente l’emploie plusieurs fois par semaine. Derrière ces chiffres, on retrouve une multitude de secteurs : boutiques de meubles, fleuristes, vendeurs d’électronique, restaurateurs ou décorateurs. Autant d’entrepreneurs qui peuvent désormais expédier un produit en quelques clics, avec une tarification connue à l’avance et un suivi en temps réel. Pour eux, le service n’est plus seulement un outil logistique, mais une extension de leur activité commerciale.
Cette entreprise technologique mondiale, à l’origine du service de VTC bien connu, a développé en Côte d’Ivoire une offre complète de livraison digitale. Express à moto pour les petits colis et documents urgents, voitures pour les volumes moyens, Cargo pour les articles encombrants, et depuis juin 2025, un service interurbain permettant d’expédier un colis le lendemain dans sept villes (Bouaké, Yamoussoukro, Korhogo, San Pedro, Daloa). Cette diversification crée une solution accessible aux restaurateurs comme aux commerçants, aux PME urbaines comme à celles qui travaillent sur plusieurs villes.
Au-delà de la commodité, les conséquences économiques sont notables. Le marché de la logistique en Côte d’Ivoire reste fragmenté et dépendant de solutions artisanales. En offrant une infrastructure digitale à prix compétitif, la plateforme contribue à formaliser un secteur clé. Elle réduit les pertes pour les commerçants, améliore la ponctualité des livraisons et permet aux consommateurs d’avoir confiance dans le processus. À terme, cette fiabilité devient un facteur de fidélisation et de croissance pour les petites entreprises, qui gagnent en réputation auprès de leur clientèle.

Dans un pays où les PME représentent près de 98 % des entreprises et assurent plus de 20 % du PIB, le pari est clair : accompagner les acteurs économiques les plus dynamiques en leur offrant un levier de compétitivité inédit. Abidjan, en accueillant depuis 2025 le bureau régional africain de Yango, devient ainsi un centre névralgique pour la modernisation logistique du continent.
Pour les entrepreneurs ivoiriens, la livraison n’est plus un casse-tête. Ce qui relevait hier de l’improvisation s’est transformé en atout stratégique. Dans un environnement économique de plus en plus compétitif, l’alliance entre petites entreprises et solutions digitales ouvre la voie à une nouvelle ère : celle où la rapidité et la fiabilité de la logistique deviennent enfin accessibles à tous.
R.K
Nasopresse.com