À l’occasion d’un événement technologique marquant à Abidjan, Othman Ferdaous, ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire, a accordé un entretien exclusif. Au cœur des échanges : l’intimité stratégique entre les deux nations, l’intelligence artificielle au service de l’agriculture et de l’industrie, ainsi que le financement des ambitions numériques de la Côte d’Ivoire.

Interrogé sur la place du Maroc aux côtés de la Côte d’Ivoire, le diplomate a mis en avant la convergence des visions des deux pays face aux défis de la digitalisation.
Fruit d’un partenariat entre l’Université Mohammed VI Polytechnique et l’INPHB, cette école vise à former des ingénieurs agronomes spécialisés en intelligence artificielle. Une première promotion de 50 personnes a été lancée cette année pour répondre aux besoins accrus du secteur.
De nombreuses entreprises marocaines sont déjà implantées à Abidjan, tandis de belles opportunités s’ouvrent également aux entrepreneurs ivoiriens désireux de s’implanter sur le marché marocain.
Rejetant le modèle d’un « capitalisme extractif » qu’il juge inefficace et court-termiste, l’ambassadeur a réaffirmé la culture marocaine du long terme et du co-investissement.
« On ne sait faire que du gagnant-gagnant », a-t-il déclaré, saluant les initiatives de joint-ventures unissant les dynamiques entrepreneuriales ivoiriennes et marocaines.
L’apport du Maroc ne se limite pas à l’expertise technique, il s’étend également à la capacité de structurer des financements. Récemment, une rencontre a été initiée entre l’écosystème tech ivoirien (start-up) et des acteurs financiers marocains (banquiers, fonds d’investissement et organismes de garantie).
Cette dynamique vise à accompagner la feuille de route du Ministère de la Transition numérique, qui a identifié 77 cas d’usage de l’IA (industrie, agriculture, santé, éducation), et s’inscrit pleinement dans le Plan National de Développement (PND 2030), où 70 % des projets devront être portés par le secteur privé.
Une alliance stratégique portée par les orientations du président Alassane Ouattara, agissant comme un formidable levier pour le décollage économique ivoirien.
Moussa Camara
Nasopresse.com