« L’exploitation de l’or ne pose aucun problème lorsqu’elle est pratiquée dans la légalité. » C’est le message fort lancé par Zoboué Goliva Pierre, président du Collectif des propriétaires terriens et coutumiers d’Oumé, représentant de la Coopérative Minière de Côte d’Ivoire (COOMICI) pour la zone d’Oumé et candidat indépendant aux législatives dans la localité, impliqué dans l’exploitation légale de l’or.

Alors que le débat sur l’orpaillage illégal fait rage en Côte d’Ivoire, Zoboué Goliva Pierre appelle à une meilleure organisation du secteur, à la responsabilisation des populations et à la facilitation des autorisations légales. Face à la recrudescence du phénomène dans plusieurs localités d’Oumé, il plaide pour une exploitation de l’or mieux encadrée, respectueuse de l’environnement et bénéfique aux populations.
L’orpaillage clandestin continue de susciter de vives inquiétudes dans plusieurs localités du département d’Oumé.
Pour le président du Collectif des propriétaires terriens et coutumiers d’Oumé, les conséquences de cette activité sont nombreuses, tant sur le plan environnemental que social. Il dénonce notamment les trous laissés béants après les travaux d’exploitation, la destruction des terres agricoles, la dégradation de la forêt ainsi que les risques de pollution des cours d’eau.
Au-delà des dégâts environnementaux, Zoboué Goliva Pierre évoque également les conséquences sociales liées à l’orpaillage illégal. L’insécurité, la consommation de drogue et parfois la prostitution font, selon lui, partie des difficultés auxquelles certaines communautés sont confrontées.

« L’orpaillage n’est pas un problème lorsqu’il est légal »
Toutefois, l’acteur du secteur minier tient à faire une distinction claire entre l’exploitation clandestine et l’exploitation légale de l’or.
« L’exploitation de l’or ne pose aucun problème lorsqu’elle est pratiquée dans la légalité », soutient-il.
Selon lui, la détention d’un permis d’exploitation permet d’exercer l’activité dans un cadre réglementé, avec un meilleur contrôle des opérateurs et davantage de garanties pour la protection de l’environnement.
Il indique d’ailleurs que plusieurs exploitants disposent déjà de permis dans la zone d’Oumé, citant notamment Zoboué Goliva, Traoré Tiemoko, ZS Mining, Soro Oumar et Kawéli. Pour lui, les jeunes désireux de travailler dans le secteur devraient se rapprocher de ces opérateurs réguliers ou d’autres structures légalement autorisées.
Les autorités mobilisées contre les sites clandestins
Face à la progression de l’orpaillage illégal, Zoboué Goliva Pierre affirme que les autorités compétentes ont été saisies dès les premières installations des exploitants clandestins dans les zones forestières.
Le préfet et le procureur ont notamment été informés afin que des dispositions soient prises. Des réunions ont également été organisées avec les populations, en présence des forces de l’ordre, de plusieurs acteurs du développement, des représentants de la SODECI ainsi que des autorités coutumières et administratives.
Selon lui, ces rencontres visent à sensibiliser les populations et à rappeler la nécessité d’une exploitation minière pratiquée dans le respect de la réglementation. Sur le terrain, les forces de défense et de sécurité interviennent également pour démanteler les installations clandestines et interpeller les personnes impliquées.
« La répression est nécessaire, car elle permet de décourager les activités illégales », estime-t-il.
Le chômage pousse les jeunes vers les sites d’orpaillage
Interrogé sur les raisons qui poussent de nombreux jeunes vers l’orpaillage clandestin, Zoboué Goliva Pierre met en avant le chômage et les difficultés financières.

Selon lui, la recherche rapide de revenus conduit certains jeunes à se rendre immédiatement dans les zones où la présence d’or est signalée. Une situation qui, à ses yeux, justifie la nécessité de créer un cadre légal plus accessible et mieux organisé.
Il recommande ainsi aux jeunes intéressés par ce secteur de se rapprocher des sites disposant d’autorisations régulières. Cette démarche leur permettrait, selon lui, de travailler dans un environnement plus sécurisé et d’éviter les poursuites judiciaires liées à l’exploitation clandestine.
Recommandations : un permis artisanal et semi-industriel sur une seule autorisation
Pour mieux lutter contre l’orpaillage illégal, Zoboué Goliva Pierre plaide pour une facilitation de l’accès aux autorisations dans les zones où la présence de l’or est avérée.
Il recommande la mise en place d’une seule autorisation permettant à la fois l’exploitation artisanale et semi-industrielle. Selon lui, cette mesure permettrait de mieux encadrer les exploitants, particulièrement les jeunes, tout en simplifiant les démarches administratives.
Une telle disposition, estime-t-il, contribuerait à réduire les activités clandestines, les vols et les exactions, tout en permettant aux autorités d’exercer un meilleur contrôle sur le secteur.
L’exploitation légale exige également le respect de normes environnementales strictes. Elle nécessite notamment la mise en place de bassins, de dalles bétonnées et de bâches destinées à protéger la nappe phréatique, les sols et les cours d’eau.
À terme, certaines activités pourraient évoluer vers une exploitation industrielle mieux structurée, plus sécurisée et davantage bénéfique aux populations locales.
Les propriétaires terriens appelés à jouer leur rôle
Dans cette lutte, Zoboué Goliva Pierre insiste également sur la responsabilité des propriétaires de terres et de champs. Pour lui, la lutte contre l’orpaillage clandestin ne peut pas reposer uniquement sur les forces de défense et de sécurité.
Les propriétaires terriens sont invités à surveiller leurs domaines et à ne pas permettre l’installation d’opérateurs clandestins sur leurs propriétés. En cas d’activités suspectes, ils doivent alerter les forces de sécurité, le préfet ou le procureur.
Pour Zoboué Goliva Pierre, la lutte contre le phénomène passe donc par une combinaison de plusieurs actions : la sensibilisation des populations, le renforcement des moyens de l’État, la répression des activités illégales, la responsabilisation des propriétaires terriens et la facilitation des autorisations légales.
Hommage au Président
Au terme de son intervention, Zoboué Goliva Pierre a tenu à rendre un hommage particulier à Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, pour les actions menées en faveur du développement de ce secteur minier.
Ibo François
Nasopresse.com