Côte d’Ivoire / Presse / Les pionniers de la presse privée lancent officiellement l’AJPPCI

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Abidjan, le 24 juin 2026-Les acteurs historiques de la presse privée ivoirienne sous l’impulsion de Vakaba Touré se sont donné rendez-vous le mercredi 24 juin 2026 à la Maison de la Presse d’Abidjan pour la présentation officielle de l’Association des Journalistes Pionniers de la Presse en Côte d’Ivoire (AJPPCI). Une cérémonie empreinte d’émotion, de souvenirs et d’engagement pour l’avenir de la profession.

Cette rencontre a réuni plusieurs figures emblématiques de la génération qui a accompagné l’avènement du pluralisme médiatique au début des années 1990. Parmi les personnalités présentes figuraient Raphaël Lakpe, Ferro Bally, Honoré Sepe, Roberte Zézé dite « Nick Zeden », Souleymane T. Sen, Akrou Jean-Baptiste, Gnawa Zibradi, Amani Kra Georges ainsi que de nombreux journalistes ayant marqué l’histoire de la presse privée ivoirienne.

Avant l’allocution du président de l’AJPPCI, Vakaba Touré, Claude Kipré est intervenu au nom de la nouvelle présidente de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), Marie-Laure N’Guessan, empêchée.

Dans une intervention chargée d’émotion, il a rappelé ses débuts dans la profession à la fin des années 1990 et l’admiration qu’il portait déjà à ceux qui sont aujourd’hui considérés comme les pionniers de la presse privée ivoirienne.

« Lorsque je suis arrivé dans la presse en 1998-1999 comme stagiaire au journal Le Jour, ces hommes et ces femmes étaient déjà des références. Nous entendions parler d’eux avant même de les rencontrer. Les revoir aujourd’hui réunis est pour moi une immense émotion », a-t-il confié.

Transmettant le message de la présidente de l’UNJCI, Claude Kipré a salué la création de cette nouvelle association qui rassemble les figures fondatrices de la presse privée. Selon lui, Marie-Laure N’Guessan se réjouit de voir les journalistes se fédérer autour d’initiatives visant à renforcer la profession et à préserver sa mémoire.

Il a particulièrement insisté sur la question de la formation, l’un des axes majeurs du programme de la nouvelle équipe dirigeante de l’UNJCI. Il a souligné que les pionniers réunis au sein de l’AJPPCI constituent un important vivier de compétences dont l’expérience pourrait être mise au service des jeunes journalistes et des futures générations de professionnels des médias.

Après cette intervention, Sidibé Ladji a pris la parole au nom du président de l’Autorité nationale de la Presse (ANP), Samba Koné. Dans son message, le président de l’organe de régulation a tenu à féliciter les initiateurs de l’AJPPCI pour cette démarche de rassemblement et de valorisation de l’histoire de la presse privée ivoirienne.

S’adressant aux journalistes présents, Sidibé Ladji a exprimé le soutien de l’ANP aux professionnels des médias et salué leur engagement quotidien au service de l’information.

« Je vous soutiens et je vous dis merci pour le travail que vous accomplissez chaque jour avec professionnalisme, rigueur et objectivité », a-t-il déclaré.

Le représentant de Samba Koné a également exhorté les journalistes à demeurer fidèles aux valeurs fondamentales de leur métier et à poursuivre leurs efforts pour offrir aux citoyens une information crédible et responsable.

La cérémonie s’est poursuivie avec l’intervention de Traoré Daouda, représentant le président de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), René Bourgoin.

Au nom du président de la HACA, il a exprimé son honneur d’être associé à cette cérémonie qui célèbre les acteurs des premières heures de la presse privée en Côte d’Ivoire. Il a rappelé que René Bourgoin a lui-même été un témoin privilégié de cette période historique à travers les différentes responsabilités qu’il a exercées dans les instances de régulation de la presse ivoirienne.

Traoré Daouda a rendu un vibrant hommage aux journalistes pionniers qui ont accompagné l’ouverture démocratique du pays et contribué à l’émergence d’une presse pluraliste. Selon lui, les générations suivantes se sont largement inspirées du travail accompli par ces hommes et ces femmes qui ont exercé leur métier dans un contexte souvent difficile, marqué par les combats pour la liberté d’expression.

Il a souligné que les jeunes journalistes d’aujourd’hui sont les héritiers de cette aventure professionnelle et humaine. Il a également exhorté les membres de l’AJPPCI à documenter leurs expériences et à transmettre leur mémoire aux générations futures afin que cette période fondatrice ne tombe pas dans l’oubli.

Prenant ensuite la parole, le président de l’AJPPCI, Vakaba Touré, est revenu sur le contexte historique qui a vu naître la presse privée en Côte d’Ivoire. Revenant sur les combats menés par les pionniers à la faveur de l’ouverture démocratique du pays, il a souligné que l’association entend préserver la mémoire de cette génération de journalistes qui a contribué à l’enracinement de la liberté de la presse.

« Nous sommes la promotion des pionniers. Celle qui a cru dès la première heure à une Côte d’Ivoire où chaque citoyen a le droit de savoir », a-t-il déclaré.

Selon lui, la création de l’AJPPCI répond à une double nécessité : valoriser l’apport des pionniers de la presse privée et mettre leur expérience au service des nouvelles générations de journalistes.

« Après trente-cinq années d’exercice, il est temps que notre histoire soit conservée et transmise. Non par vanité, mais pour que les générations futures comprennent le chemin parcouru pour bâtir une presse libre et responsable », a-t-il expliqué.

Le président de l’association a également rendu hommage aux nombreux professionnels qui ont participé à cette aventure médiatique depuis les années 1990. Il a salué le rôle joué par les anciens formateurs, directeurs de publication et responsables de rédaction qui ont contribué à façonner plusieurs générations de journalistes.

Au-delà du devoir de mémoire, l’AJPPCI ambitionne de jouer un rôle actif dans les débats actuels qui concernent la profession. Vakaba Touré a ainsi indiqué que l’association entend promouvoir l’éthique et la déontologie, accompagner les mutations numériques, lutter contre la désinformation et sensibiliser à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le traitement de l’information.

« Le combat pour une presse libre n’est jamais terminé. Il change de forme avec le temps, mais il exige toujours du courage, de la rigueur et un profond amour pour son pays », a-t-il insisté.

Clôturant la série des allocutions, Béda Guillaume, représentant le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a rendu un hommage appuyé aux pionniers de la presse privée ivoirienne. Il a rappelé que l’avènement du multipartisme au début des années 1990 était indissociable de l’émergence d’une presse libre et pluraliste.

Selon lui, les journalistes de cette génération ont joué un rôle majeur dans l’apprentissage de la démocratie par les Ivoiriens. Grâce à leurs enquêtes, leurs analyses et leurs prises de position, ils ont contribué à forger une culture du débat public et de la diversité des opinions.

« C’est grâce à vos écrits, à tout ce que vous avez communiqué, que de nombreux Ivoiriens ont développé cette culture démocratique qui fait aujourd’hui la force de notre pays », a-t-il affirmé.

Le représentant du ministre a également évoqué les défis auxquels la presse est confrontée aujourd’hui, notamment la baisse des ventes de journaux, la révolution numérique et la précarité qui touche de nombreux anciens professionnels des médias. Il a estimé que ceux qui ont parfois risqué leur liberté, voire leur vie, pour défendre la liberté d’expression ne doivent pas être oubliés.

Saluant la création de l’AJPPCI, il a assuré que le ministère de la Communication demeure attentif aux préoccupations du secteur et poursuit ses efforts à travers les mécanismes d’accompagnement des médias, les réformes engagées et les études en cours sur le modèle économique de la presse.

Au nom du ministre Amadou Coulibaly, il a promis de lui rendre compte de la naissance de l’association et de faciliter une rencontre entre les responsables de l’AJPPCI et le ministère afin d’examiner les voies de collaboration possibles.

Après les différentes allocutions, la cérémonie a laissé place à une séquence particulièrement émouvante consacrée aux témoignages des pionniers de la presse privée. Les récits se sont succédé, replongeant l’assistance dans cette période historique qui a vu naître la presse libre en Côte d’Ivoire.

Les intervenants ont évoqué les nombreuses difficultés auxquelles étaient confrontés les journalistes de l’époque : arrestations, gardes à vue, intimidations, menaces, pressions politiques, saisies de journaux et conditions de travail souvent précaires. Malgré ces obstacles, ils ont poursuivi leur mission avec détermination, convaincus que la liberté d’informer constituait l’un des fondements de la démocratie.

Ces témoignages, parfois poignants, ont rappelé le courage et les sacrifices consentis par cette génération pour ouvrir la voie à une presse libre, indépendante et pluraliste. Ils ont également permis aux plus jeunes journalistes présents de mieux comprendre les combats qui ont façonné le paysage médiatique ivoirien contemporain.

À travers cette initiative, les pionniers de la presse privée ivoirienne entendent non seulement préserver leur héritage professionnel, mais aussi continuer à contribuer à la consolidation de la démocratie, à la promotion de l’éthique journalistique et à la défense de la liberté d’expression en Côte d’Ivoire.

La naissance officielle de l’AJPPCI marque ainsi une nouvelle étape dans l’histoire du journalisme ivoirien, en créant un cadre de réflexion, de transmission et de valorisation de l’expérience acquise par ceux qui ont ouvert la voie à la presse pluraliste dans le pays.

Sacré Abel
Nasopresse.com