Côte-d’Ivoire / Crise dans la Filière Cacao / L’ANACACI Réclame des Comptes et Lance une Offensive Nationale

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Le secteur du cacao ivoirien, poumon économique de la nation, traverse une zone de fortes turbulences. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 6 avril à l’hôtel La Rose Blanche, à Cocody Angré, M. Penatirgué Soro, Président du Conseil d’Administration de l’Association Nationale des Coopératives Agricoles de Côte d’Ivoire (ANACACI), a vigoureusement dénoncé une gestion opaque des fonds de soutien et annoncé une série de mesures drastiques pour protéger les intérêts des producteurs.

Au cœur des revendications de l’ANACACI se trouve la somme colossale de 291 milliards de francs CFA, allouée par l’État pour soutenir le secteur café-cacao face à la crise. Pour M. Soro, la gestion de cette enveloppe demeure « émaillée de zones d’ombre » qui exigent une clarification immédiate.

« Pour un pays sérieux comme la Côte d’Ivoire, ce n’est pas une affaire de 291 milliards qui restera sans audit », a martelé le PCA, fustigeant au passage des soupçons de détournements et des pratiques d’usurpation au sein de la filière.

Selon les données présentées, la situation est alarmante : plus de 1 430 sociétés coopératives sont concernées par un volume de 123 000 tonnes, tandis que des irrégularités flagrantes auraient été constatées, notamment 90 coopératives non répertoriées ayant déchargé près de 50 000 tonnes.

Face à cet impasse, pour les paysans, l’ANACACI déploie un dispositif de défense et de communication sans précédent :
Soutien Juridique : Un collectif d’avocats a été officiellement saisi pour assister l’association et défendre les droits des coopératives recensées lors des périodes critiques (octobre 2025 à janvier 2026).
Protection des Producteurs : Pour lutter contre le racket et les arnaques, deux numéros verts (05 69 64 32 15 / 07 09 23 56 98) sont désormais à la disposition des paysans victimes d’abus.
Tournée Nationale de Sensibilisation : Une délégation de l’ANACACI sillonnera le territoire pour informer la base et collecter les données nécessaires à l’établissement d’un rapport détaillé destiné au Ministère de l’Agriculture et au Gouvernement.

M. Penatirgué Soro a également plaidé pour une rééquilibration de la gestion des stocks. Estimant que la survie du cacao ivoirien est trop dépendante de l’extérieur, il suggère que l’État prenne directement en charge 50 000 tonnes pour pallier les difficultés actuelles, en complément des quotas gérés par l’OIA (40 000 t) et le Conseil Café-Cacao (60 000 t).

Cette initiative a reçu le soutien notable de M. Okou Yao Paul Hilaire, Chef de village et agriculteur, qui s’est réjoui de la mise en œuvre de ces outils de régulation et de protection.

Pour l’ANACACI, l’objectif est clair : crédibiliser les bases de données et restaurer la dignité des producteurs. La tournée qui s’annonce s’apparente à une opération de vérité, dont les conclusions pourraient bien redéfinir la gouvernance de la filière dans les mois à venir.

Ferdinand KEYN
Nasopresse.com