Côte d’Ivoire / Conférence de presse de la FENACCI à Adjamé / Les commerçants du marché Forum dénoncent une décision « injuste »

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La Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (FENACCI) a animé, ce lundi de Pâques, une conférence de presse à la mairie d’Adjamé pour alerter sur une décision administrative imminente concernant le marché Forum, jugée « grave, injuste et inéquitable » pour les commerçants.

Présidant la rencontre, le PCA de la FENACCI, M. Farikou Soumahoro, a indiqué que cette mobilisation fait suite à une correspondance de l’association Forum Sapa, reçue le 3 avril 2026.

Selon lui, la décision envisagée pourrait « consacrer la primauté des intérêts d’un prestataire au détriment d’une corporation essentielle à l’économie nationale ».

Le litige oppose les commerçants à M. Saïdi Mohammed, responsable de la SICG et constructeur du marché, qui réclame à l’État ivoirien environ 12 milliards de francs CFA, estimant que les occupants n’ont pas respecté leurs engagements financiers. Une réunion tenue le 2 avril à l’Agence judiciaire de l’État a évoqué la possibilité d’un paiement, suscitant de vives inquiétudes.

Prenant la parole, Mme Sanogo Sarah, porte-parole des commerçants, a rejeté toute stigmatisation : « Nous ne sommes pas ceux pour qui on veut vous faire passer des crapules. Non, nous sommes de vrais acteurs économiques. »

Elle a affirmé que les commerçants ont déjà financé le projet : « Les boxes, magasins et étals ont été payés. Des milliers de personnes ont même payé pour des espaces jamais reçus. »

Évoquant une gestion opaque, elle a rappelé que dès 1997, des souscriptions allant de 5 à 12,5 millions de francs CFA avaient été exigées. Après l’inauguration en 2001, un bail leur aurait été imposé : « On ne peut pas demander à quelqu’un qui a déjà payé plusieurs millions de devenir locataire. »

Elle a également dénoncé « une vraie exploitation de l’homme par l’homme » et révélé des irrégularités dans les paiements effectués, certains ayant été versés sur plusieurs comptes.

De son côté, la FENACCI s’interroge sur l’absence de conclusions du comité de crise de 2018 et sur le manque de transparence du dossier.

Les commerçants exigent un audit avant toute décision : « Il faut d’abord établir la vérité », a insisté Mme Sanogo Sarah.

La FENACCI appelle enfin les autorités à privilégier dialogue, transparence et équité afin d’éviter une crise dans ce secteur clé de l’économie ivoirienne.

Sacré Abe
Nasopresse.com