Côte d’Ivoire / Esclavage / Une reconnaissance historique, un monde divisé

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Le 25 mars 2026, l’Organisation des Nations unies a franchi un cap en qualifiant la traite transatlantique et l’esclavage des Africains de « crime le plus grave contre l’humanité ». Portée par le Ghana, cette résolution a été adoptée par 123 pays, tandis que les États-Unis ont voté contre et que plusieurs nations européennes se sont abstenues.

Ce vote révèle une fracture persistante. D’un côté, l’Afrique et ses alliés réclament justice et reconnaissance d’un traumatisme historique. De l’autre, certaines puissances redoutent les implications, notamment la question sensible des réparations.

Pour le continent africain, cette décision marque une avancée symbolique majeure. Elle légitime les revendications mémorielles, renforce sa voix diplomatique et ouvre la voie à des discussions sur les compensations et la restitution du patrimoine. Mais son caractère non contraignant limite, pour l’instant, ses effets concrets.

À l’échelle mondiale, la résolution ravive les débats sur le racisme, les héritages coloniaux et la responsabilité historique. Elle interroge aussi la cohérence des discours sur les droits humains.

En réalité, cette reconnaissance dépasse le passé : elle engage l’avenir. Car admettre l’esclavage comme crime majeur, c’est poser les bases d’une justice réparatrice encore à construire.

L’Organisation des Nations unies a ouvert une porte. Reste à savoir si les États auront la volonté politique de la franchir.

Sacré Abel
Nasopresse.com