L’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) a tenu une conférence de presse ce lundi 02 mars 2026 à l’immeuble Caistab à Abidjan pour dénoncer un revirement de dernière minute du Conseil du Café-Cacao, qui remet en cause un accord gouvernemental signé de la main de la veille.

Dimanche 1er mars, l’OIA a accepté de prendre en charge le déchargement de 40 000 tonnes de cacao dans le cadre d’un plan gouvernemental doté de 140 milliards de francs CFA destiné à résoudre la crise des stocks. Un accord formalisé lors de séances de travail avec le Conseil du Café-Cacao et un comité interministériel, en présence du Premier Ministre et du Vice-Premier Ministre.
Mais ce lundi matin, le scénario change radicalement. Le Conseil du Café-Cacao conteste les chiffres présentés par l’OIA et remet en question les volumes déjà traités, créant un blocage systémique qui paralyse les opérations.
Selon Marc Daniel Bouabré, secrétaire général de l’OIA, l’organisation a d’ores et déjà déchargé 12 000 tonnes sur son quota de 40 000 tonnes. Au moment de la réunion du dimanche,16 000 tonnes supplémentaires étaient en attente de validation par le Conseil du Café-Cacao dans le système de commercialisation intérieure. Or, ces connaissements n’ont jamais été validés ce matin, laissant le cacao en suspens.

La conférence de presse conjointe destinée à annoncer le coup d’envoi des opérations de déchargement a été de facto annulée. L’OIA ne peut donc pas communiquer de calendrier pour la poursuite des travaux.
Face à cette impasse, l’Organisation Interprofessionnelle Agricole a décidé de ne pas répondre aux questions de la presse et de saisir le Vice-Premier Ministre, désigné comme coordonnateur de la gestion de cette crise. L’OIA entend lui rendre compte du blocage et demander une clarification sur les engagements pris en son nom par le gouvernement.

M. Bouabré a présenté ses excuses pour le désagrément causé par cette situation et a assuré que l’organisation allait communiquer rapidement auprès de ses membres planteurs et coopératives pour expliquer la paralysie des opérations.
Les chiffres en dispute
Quota attribué à l’OIA : 40 000 tonnes
– Volume déjà déchargé (selon l’OIA) : 12 000 tonnes
– Volume en attente de validation :16 000 tonnes
– Reste à traiter : 28 000 tonnes
Cette crise révèle les fragilités de la coordination gouvernementale autour de la gestion des stocks de cacao, menaçant ainsi les délais de résolution d’une crise majeure pour la Côte d’Ivoire.
Moussa Camara
Nasopresse.com