Le samedi 28 février 2026, le Centre national de floristique de l’Université Félix Houphouët-Boigny, à Cocody, a abrité le premier numéro 2026 des « Rendez-vous du REMAPSEN ».

Le REMAPSEN (Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement) est une organisation professionnelle regroupant des journalistes spécialisés dans les questions de santé publique et d’environnement. Il œuvre au renforcement des capacités des médias afin d’améliorer la qualité de l’information et de la sensibilisation des populations sur ces thématiques essentielles.
Cette rencontre scientifique, couplée à l’émission Santé Plus, a permis aux journalistes et invités de mieux comprendre les étapes de la transformation des plantes médicinales en médicaments.
Invité principal, le professeur Noël Zirihi Guédé, professeur titulaire de botanique, ethnobotanique, phytochimie et pharmacologie des substances naturelles, a détaillé un processus qu’il qualifie lui-même de « long et rigoureux ».
Un processus scientifique structuré
« C’est un processus qui est long », a-t-il insisté, décrivant les différentes phases : enquête ethnobotanique auprès des tradipraticiens, identification scientifique des plantes, constitution d’herbiers, analyses phytochimiques, extraction des principes actifs (alcaloïdes, terpènes, coumarines, glucosides cardiaques), évaluations in vitro puis in vivo, avant d’aboutir aux essais cliniques chez l’homme.
Selon lui, ce n’est qu’après comparaison avec des médicaments déjà commercialisés que le produit peut faire l’objet d’une demande d’Autorisation de mise sur le marché (AMM).

Le professeur a également rappelé que la majorité des médicaments modernes trouvent leur origine dans les plantes, citant notamment les antipaludiques dérivés de l’artémisinine.
Médecine moderne et traditionnelle : une complémentarité nécessaire
Pour le Pr Zirihi Guédé, la médecine moderne et la médecine traditionnelle ne doivent pas s’opposer : « Ces deux médecines doivent être complémentaires. La médecine moderne permet de poser un diagnostic précis. Ensuite, le thérapeute peut utiliser la plante indiquée en connaissance de cause. »
Évoquant l’expérience d’intégration des deux approches au CHU de Treichville, il a indiqué ne pas y avoir personnellement pris part, tout en soulignant ses collaborations régulières avec des médecins et pharmaciens.
Il a par ailleurs plaidé pour un meilleur soutien des États aux chercheurs africains afin de valoriser une pharmacopée encore largement sous-exploitée.
Bintou Sanogo : « Nous avons beaucoup appris »
Prenant la parole à l’issue de la rencontre, Bintou Sanogo, coordonnatrice nationale du REMAPSEN et journaliste à Radio Côte d’Ivoire, s’est félicitée de la tenue de cette activité.

Elle a rappelé que cette session marque le 15e numéro des Rendez-vous, et le premier de l’année 2026, après 14 éditions organisées en 2025. « Sur 43 pays en compétition, le REMAPSEN Côte d’Ivoire a obtenu le deuxième prix africain. Cela montre notre dynamisme », a-t-elle souligné.
Pour la coordonnatrice nationale, l’exposé du professeur était essentiel : « Souvent, on voit les médicaments sans savoir d’où ils viennent. On parle d’effets secondaires, de molécules, mais on ne connaît pas le processus. Aujourd’hui, nous avons appris qu’il faut mener une enquête
Sacré Abel
Nasopresse.com