Burkina Faso/ Justice/ extradition de Paul Henri Sandaogo

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Il voulait rentrer au Burkina Faso, son pays, en renversant le pouvoir. Il a finalement regagné le territoire national, mais non pas en héros. C’est menotté, sous escorte sécuritaire, que Paul-Henri Sandaogo Damiba a été remis aux autorités burkinabè après son extradition depuis le Togo.

L’ancien président de la transition, réfugié à Lomé depuis sa chute en septembre 2022, a été extradé à la suite d’une demande officielle des autorités judiciaires du Burkina Faso. Cette remise intervient dans un contexte politique et sécuritaire sensible, marqué par une volonté affirmée de lutte contre l’impunité.

Renversé par l’actuel chef d’État burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, Paul-Henri Sandaogo Damiba faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour plusieurs infractions présumées liées à sa gestion du pouvoir. Il est notamment poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, corruption, blanchiment de capitaux et recel aggravé.

Avant de donner suite à la demande d’extradition, les autorités togolaises ont exigé et obtenu des garanties formelles de la part du Burkina Faso. Celles-ci portent sur le respect de l’intégrité physique de l’intéressé, la préservation de ses droits fondamentaux, l’accès à un procès équitable, ainsi que l’absence de peine de mort dans le cadre des poursuites engagées.

L’extradition s’inscrit dans le cadre de la coopération judiciaire entre États et marque une étape importante dans le traitement judiciaire des anciens dirigeants issus des transitions militaires. Le retour de Paul-Henri Sandaogo Damiba ouvre désormais une nouvelle phase judiciaire, suivie de près par l’opinion publique burkinabè et les observateurs régionaux.

Sacré Abel
Nasopresse.com