Côte d’Ivoire / Affaire foncière de l’Île Motobé / SOAF-ADA dénonce une tentative d’expropriation et brandit ses titres de propriété

1 127

Face à ce qu’il qualifie de graves atteintes à la sécurité juridique des investissements fonciers en Côte d’Ivoire, le président-directeur général de la Société d’Aménagement et de Foncier (SOAF-ADA), Aimé Akpalé, est monté au créneau ce vendredi 16 janvier 2026 à la Maison de la presse à Abidjan, lors d’une conférence de presse. Objectif : éclairer l’opinion publique, rétablir les faits et dénoncer des revendications qu’il juge infondées autour du site dénommé « l’Île Motobé », situé entre les deux ponts de Moossou.

Devant les autorités coutumières et les journalistes, le promoteur immobilier a rappelé que le projet d’aménagement foncier remonte à 2007, année au cours de laquelle un protocole d’accord a été signé avec le village de Motobé sur une superficie initiale de 373 hectares. À l’époque, selon lui, le site était marécageux, boueux et inexploitable, ce qui n’avait pourtant pas freiné la vision et l’engagement de son entreprise.

Aimé Akpalé a insisté sur le fait que toutes les démarches administratives ont été rigoureusement respectées, depuis l’approbation du lotissement jusqu’à l’obtention de l’Arrêté de Concession Définitive (ACD), préalable à tout investissement majeur. Ce n’est qu’après ces validations légales que SOAF-ADA a engagé d’importants travaux de dragage et de remblayage, mobilisant des équipements spécialisés acquis notamment en Chine et aux Pays-Bas.

Ces travaux titanesques ont permis de transformer une zone hostile, parfois profonde de près de deux mètres de boue, en un espace viable baptisé « l’Île Motobé », en hommage au village coutumier détenteur des droits historiques.

Le PDG de SOAF-ADA a également révélé que tous les anciens occupants ou exploitants agricoles déclarés ont été intégralement indemnisés, pour un montant global de 428 125 000 FCFA, conformément au protocole d’accord signé. Les noms des bénéficiaires figurent, selon lui, dans les documents officiels remis à la presse.

À ce titre, il a souligné que Monsieur N’Guessan N’Doumi André, aujourd’hui président de l’Association dite des propriétaires terriens de l’Île Motobé, figure parmi les signataires dudit protocole.

Dix-huit ans après les accords initiaux et le versement des indemnisations, SOAF-ADA dénonce le retour de certains acteurs sous couvert d’association, revendiquant une partie de l’extension du site. Or, selon Aimé Akpalé, l’extension concernée, d’une superficie de 2 446 850 m², est couverte par un ACD délivré par l’arrêté n°153780 du 20 août 2015.

Mieux, ce groupe aurait été débouté à deux reprises par les juridictions compétentes en 2024 et 2025, avant de saisir le Conseil d’État pour contester un certificat de mutation de propriété foncière.

SOAF-ADA revendique aujourd’hui plus de 12 milliards de francs CFA d’investissements, près de vingt ans d’efforts, d’emplois créés et de risques assumés sur le site de l’Île Motobé. Tout en se disant surpris par certaines décisions récentes, le promoteur affirme faire pleinement confiance à la justice ivoirienne et avoir engagé les recours appropriés.

Par cette sortie médiatique, l’entreprise entend alerter les autorités compétentes sur la nécessité de préserver la sécurité juridique des investissements fonciers, pilier essentiel de l’attractivité économique du pays. Elle invite notamment les pouvoirs publics à se rapprocher des villages de Motobé et de Moossou, ainsi que du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, afin d’appréhender la réalité du dossier.

SOAF-ADA se dit enfin disposée à mettre tous les documents juridiques à la disposition des autorités et de la presse, convaincue que le droit finira par triompher.

Moussa Camara

Nasopresse.com