Côte d’Ivoire / Crise post-électorale / Laurent Gbagbo relance le débat sur les responsabilités

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Dans une déclaration récemment rendue publique, l’ancien Président de la République, Laurent Gbagbo, est revenu sur les événements qui ont marqué la crise post-électorale de 2010, rappelant son parcours judiciaire et mettant en lumière, selon lui, les zones d’ombre qui persistent quant aux responsabilités de cette période sombre de l’histoire ivoirienne.

M Laurent Gbagbo, ancien président de la République de Côte d’Ivoire. Photo: Archive

Laurent Gbagbo souligne d’emblée qu’il avait été proclamé vainqueur des élections présidentielles de 2010 par le Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à valider les résultats du scrutin.

Selon lui, le débat aurait dû être clos, mais la position inverse adoptée par Alassane Ouattara, soutenu par le Président français de l’époque Nicolas Sarkozy et le représentant des Nations unies, aurait ravivé les tensions, ouvrant la voie à une crise ouverte.

L’ancien Président retrace ensuite la montée des violences : « La résidence présidentielle que j’occupais fut bombardée par l’armée française et les troupes de l’ONU », affirme-t-il.

Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est arrêté puis transféré successivement : au Golf Hôtel pendant deux jours, à Korhogo durant sept mois, avant d’être remis à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Le 23 mars 2014, Charles Blé Goudé est à son tour transféré et les deux dossiers sont fusionnés. Le 15 janvier 2019, la CPI acquitte les deux hommes, décision confirmée définitivement le 31 mars 2021.

Entre-temps, Laurent Gbagbo est soumis à des restrictions strictes lors de son séjour à Bruxelles : interdiction de sortir de la commune, contrôle policier chaque jeudi, appel hebdomadaire de la CPI pour vérifier sa présence.

S’adressant aux Ivoiriens, Laurent Gbagbo insiste sur ce qu’il considère comme une incohérence majeure : « Un conflit a éclaté en Côte d’Ivoire à cause d’une rébellion […] mais c’est moi qui ai été arrêté alors que je n’en suis pas le mentor. »

Il s’interroge également sur l’absence de poursuites contre les autres acteurs de la crise post-électorale : « Pourquoi aucun des autres acteurs n’a-t-il été arrêté, ni jugé par la CPI ? »

Selon lui, son acquittement aurait dû ouvrir la voie à l’identification des « vrais coupables ».

En concluant sa déclaration en tant qu’« ancien Président de la Côte d’Ivoire, ancien prisonnier de la CPI », Laurent Gbagbo relance un débat toujours sensible : celui des responsabilités, de la justice internationale et du processus de réconciliation nationale.

Cette prise de position intervient à un moment où la Côte d’Ivoire continue de consolider la paix et de renforcer les mécanismes de cohésion sociale. Reste à savoir quelles réactions politiques suivront cet appel à revisiter les responsabilités de la crise post-électorale.

Moussa Camara                                                                                             

Nasopresse.com