Guinée-Bissau / Coup d’État éclair à Bissau / Le président Umaro Sissoco Embaló arrêté en pleine crise post-électorale

1 457

La tension est brusquement montée à Bissau trois jours après l’élection présidentielle dont le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, revendiquait la victoire dès le premier tour. Ce mercredi 26 novembre, en fin de matinée, des tirs ont retenti autour du palais présidentiel et près des locaux de la Commission électorale. Au même moment, le chef de l’État a été arrêté dans son bureau.

C’est l’intéressé lui-même qui a confirmé son arrestation à Jeune Afrique. Selon Umaro Sissoco Embaló, les forces armées ont fait irruption au palais vers 12 h, sans violence à son encontre. Il accuse le chef d’état-major de l’armée de terre d’être à la manœuvre de ce « coup d’État ».

Simultanément, plusieurs hauts responsables sécuritaires ont été interpellés : le général Biague Na Ntan, chef d’état-major général des armées, le général Mamadou Touré, vice-chef d’état-major, et Botché Candé, ministre de l’Intérieur.

L’arrestation survient alors que les résultats officiels de la présidentielle devaient être publiés ce jeudi. Le camp d’Embaló assurait avoir remporté le scrutin avec 65 % des voix selon son propre comptage. De son côté, le camp de l’outsider Fernando Dias da Costa revendiquait lui aussi la victoire.

Le scrutin du dimanche s’était déroulé dans le calme, mais en l’absence d’un poids lourd de la scène politique : Domingos Simões Pereira, empêché de se présenter. Son parti, le puissant PAIGC, avait pourtant choisi de soutenir Fernando Dias, renforçant ainsi la dynamique de l’opposition.

Ce nouvel épisode de crise politique plonge à nouveau la Guinée-Bissau dans l’instabilité institutionnelle. Les tirs entendus dans la capitale contrastent avec l’attente sereine des résultats qui devait marquer une étape décisive dans la transition démocratique.

Le pays s’interroge désormais : qui contrôle réellement le pouvoir à Bissau ? Et quel avenir pour un processus électoral déjà contesté par les deux camps ?

Moussa Camara

Nasopresse.com