Côte d’Ivoire / Présidentielle 2025 : Loulou Yoro dénonce une « mascarade électorale » après le verdict de la Cour constitutionnelle

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Quatre jours après la décision de la Cour constitutionnelle validant cinq candidatures pour la présidentielle d’octobre 2025, Loulou Yoro, président du Parti de la Renaissance Démocratique et du Développement (PRDD), a brisé le silence ce mercredi 10 septembre 2025. Recalé de la compétition, il s’est confié à Nasopresse.com pour dénoncer un processus qu’il juge « verrouillé » et une décision qu’il qualifie de « politique ».

M Loulou Yoro, président du Parti de la Renaissance Démocratique et du Développement (PRDD). Photo: M.C

Un projet de société resté sans écho

Loulou Yoro assure avoir porté une vision nouvelle pour la Côte d’Ivoire, construite autour de quatre piliers fondamentaux : l’employabilité des jeunes, le développement économique par la transformation locale, une diplomatie politique souveraine et l’innovation comme moteur de gouvernance. « L’employabilité de la jeunesse règle la moitié des problèmes d’un État », insiste-t-il, avant de regretter que ses propositions aient été balayées d’un revers de main.

Un verdict « taillé sur mesure »

Le 8 septembre, la Cour constitutionnelle a retenu cinq candidatures sur une soixantaine déposées. Parmi les grands absents, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, dont l’exclusion choque encore leurs partisans. Pour Loulou Yoro, cette décision n’a rien de juridique.
« On nous prend pour des clients. Le Conseil constitutionnel a rendu un verdict taillé sur mesure pour maintenir une dictature », lâche-t-il avec amertume.

À ses yeux, la sélection des candidats ressemble moins à un choix démocratique qu’à une mise en scène destinée à offrir une légitimité de façade au scrutin.

« Pas d’élection paisible sans justice »

Face à ce qu’il appelle une « mascarade électorale », Loulou Yoro refuse de se taire. Il estime qu’aucun scrutin ne pourra se tenir dans la sérénité si les conditions d’une véritable compétition ne sont pas garanties. « On ne peut pas marcher sur le droit des Ivoiriens et prétendre organiser une élection paisible. Cela n’existera pas », avertit-il.

Il appelle même les cinq candidats retenus à se retirer de la course pour ne pas « cautionner une mascarade électorale ».

Un appel au sursaut national

Pour le président du PRDD et son regroupement politique, la MCI (Mouvement des Acteurs de la Nouvelle Côte d’Ivoire), composé de douze partis, l’heure est à la mobilisation. Selon lui, la Côte d’Ivoire ne pourra éviter la crise qu’à travers un dialogue sincère entre le pouvoir et l’opposition. « Tant que la France maintiendra sa mainmise sur la Côte d’Ivoire et que le régime refusera de discuter, nous ferons obstacle à tout processus électoral », tranche-t-il.

En guise de conclusion, Loulou Yoro lance un avertissement solennel au président Ouattara et à ses partenaires : « La petite honte vaut mieux que la grande. Il est encore temps de reculer pour éviter un nouveau conflit en Côte d’Ivoire. »

Moussa Camara

Nasopresse.com