Côte d’Ivoire / 65e anniversaire de l’Indépendance / Tidiane Thiam lance un appel solennel à la paix et au dialogue

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À l’occasion de la fête nationale du 7 août 2025, le leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire et Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), Tidiane Thiam a livré un message fort à la Nation, marqué par la gravité du contexte politique et social à quelques mois de l’élection présidentielle.

M Tidiane Thiam, président du PDCI-RDA. Photo: Archive

S’écartant du ton habituel des commémorations, il a estimé que « l’heure est grave », évoquant une menace directe sur la stabilité de la Côte d’Ivoire et, potentiellement, de toute la sous-région. Selon lui, « si nous n’arrêtons pas la machine infernale de l’exclusion, des arrestations, de l’intimidation et du repli identitaire, nous courons au-devant du chaos ».

Rappelant l’héritage du président Félix Houphouët-Boigny, fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, il a insisté sur la valeur du dialogue comme arme pacifique et fondement de la cohésion nationale. « Quoi qu’il arrive, à la fin de tout conflit, il faut s’asseoir et discuter », a-t-il souligné.

S’adressant directement à ceux qu’il accuse de bafouer les libertés fondamentales, il a lancé un triple appel : « Arrêtez. Arrêtez. Arrêtez. »

Le président du PDCI-RDA a cité la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire qui, dans sa lettre pastorale du 29 juillet, a dénoncé « l’amateurisme de l’administration électorale, la fraude, la corruption et les violences multiformes », appelant à une réforme profonde pour restaurer la confiance. La Fédération évangélique, de son côté, a demandé une élection ouverte à tous et exempte d’exclusion.

« La vérité n’a pas de religion », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d’un dialogue interconfessionnel pour préserver la paix.

Dans son message, il a listé les attentes prioritaires des citoyens : emplois pour les jeunes, autonomie financière pour les femmes, environnement économique sans corruption pour les PME, retombées concrètes pour les paysans, indépendance pour la justice, fin du rattrapage ethnique, et garantie des droits pour la diaspora.

« Tous les Ivoiriens veulent la paix », a-t-il martelé, tout en réaffirmant que la Constitution garantit à l’opposition le droit de s’exprimer et de participer pleinement au processus politique.

S’adressant à la communauté internationale, il a rappelé que le régime actuel avait été installé avec son soutien, l’appelant à « ne pas soutenir un régime à bout de souffle » et à se placer « du bon côté de l’Histoire ».

Le PDCI-RDA, membre de la coalition CAP-CI, poursuit son plaidoyer pour un dialogue politique en vue d’élections inclusives, transparentes et pacifiques. Le leader du parti a également exprimé sa solidarité avec les militants emprisonnés et exigé leur libération.

Malgré la gravité de la situation, il a conclu sur une note d’optimisme : « Les meilleurs jours de la Côte d’Ivoire sont à venir, avec une élection véritablement libre, inclusive et transparente, pour une nation unie, prospère, tolérante et fraternelle. »

Bonne fête de l’Indépendance à toutes et à tous, a-t-il lancé en guise de clôture.

Moussa Camara

Nasopresse.com