Le rideau s’est levé sur la 14e édition du Marché des Arts du Spectacle Africain avec un colloque inaugural de haute portée stratégique, tenu le samedi 11 avril 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Placée sous le thème « Arts du spectacle africain, outil d’intégration économique et sociale », cette rencontre a rassemblé décideurs publics, universitaires et acteurs culturels autour d’une ambition commune : faire des arts vivants un levier structurant du développement africain.

Présente à l’ouverture, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a souligné le rôle central du MASA en tant que plateforme de valorisation et de rayonnement des arts africains. Elle a rappelé que cet événement, soutenu par l’État de Côte d’Ivoire, constitue une véritable vitrine du potentiel culturel du continent.
Insistant sur les enjeux économiques du secteur, la ministre a appelé à des investissements durables dans les industries culturelles. Pour elle, la consolidation d’une économie culturelle passe par la structuration des chaînes de valeur, la professionnalisation des acteurs et la mobilité des artistes. Une vision qui s’inscrit dans la politique culturelle nationale engagée depuis 2014, visant à protéger le patrimoine, encourager la création et renforcer la décentralisation culturelle.

Le MASA, a-t-elle affirmé, incarne pleinement cette dynamique en se positionnant comme un marché structurant, un espace de diffusion et un cadre de réflexion stratégique pour l’avenir culturel de l’Afrique.
Prenant la parole à son tour, le vice-président de l’université, le professeur Simplice Dion, s’est félicité de la tenue de ce colloque au sein de l’institution. Il a insisté sur la nécessité pour les universités de s’ouvrir davantage aux autres sphères de la société, soulignant que le développement académique repose sur l’interaction et l’innovation.

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, le président du colloque, Djimbala Diakité, a mis en lumière l’évolution du regard porté sur les arts du spectacle. Longtemps considérés comme un simple divertissement, ils s’affirment désormais comme de puissants instruments de transformation sociale et de croissance économique.
Il a plaidé pour un rapprochement renforcé entre le monde académique, la recherche et les industries culturelles. Selon lui, l’université doit jouer un rôle moteur à travers la valorisation des sciences humaines, la mise en place de formations professionnalisantes, le soutien à l’entrepreneuriat culturel et le développement de partenariats internationaux.

Au-delà des interventions officielles, ce colloque se positionne comme un véritable laboratoire d’idées, destiné à formuler des propositions concrètes pour faire des arts du spectacle un pilier du développement durable en Afrique. Un secteur capable, selon les intervenants, de transcender les frontières et de contribuer à l’émergence d’un imaginaire africain fort et partagé.
Avec ce lancement, le MASA 2026 confirme son ambition : placer la culture au cœur des dynamiques économiques et sociales du continent, et faire des arts vivants un catalyseur d’intégration et de prospérité.
Moussa Camara
Nasopresse.com