La librairie Carrefour de Cocody Saint-Jean a servi de cadre, ce jeudi 5 novembre 2026 à une importante séance de dédicace marquée par les révélations et le plaidoyer poignant de Touré Ahmed Bouah. Homme d’affaires aguerri, PDG de SOPHIA SA et président de la Fondation Solidarité et Développement, l’entrepreneur ivoirien a officiellement présenté son œuvre littéraire forte de 84 écrits et essais. Face à la presse, aux acteurs du livre et au public, il a livré un diagnostic sans concession sur l’aménagement du territoire et la gestion publique en Côte d’Ivoire.
M Touré Ahmed Bouah, PDG de SOPHIA SA et président de la Fondation Solidarité et Développement. Photo : Moussa Camara
Pour Touré Ahmed Bouah, passer de l’action entrepreneuriale à l’écriture ne constitue pas un renoncement, mais une exigence de transmission tirée de 25 ans d’expérience du terrain. Interrogeant les failles qui transforment les grands projets nationaux en désillusions, l’auteur a appelé à placer la gouvernance territoriale au cœur des priorités nationales.
« La bonne gouvernance territoriale mérite une place centrale dans le débat national, au même titre que la lutte contre l’orpaillage clandestin, la défense, la santé ou l’éducation. C’est la cause nationale que je veux susciter à travers mes écrits », a-t-il affirmé avec véhémence.
Dénonçant le désordre urbain et l’occupation anarchique qui menacent les investissements colossaux de l’État, à l’image des infrastructures développées sur l’axe Abidjan-Anyama, le patron de SOPHIA SA préconise une rupture méthodologique radicale : « Il faut équiper avant d’occuper, et non occuper avant d’équiper ».
Revenant sur les péripéties qui ont jalonné sa carrière, Touré Ahmed Bouah est largement revenu sur le cas emblématique du projet de gouvernance foncière Akwaba City (Akouaba City). Conçu en partenariat et sous forme de concession avec l’État ivoirien, ce projet d’envergure métropolitaine de 60 000 hectares visait à restructurer l’expansion urbaine.
L’opérateur économique a révélé y avoir investi plus de 158 milliards de F CFA. Pourtant, malgré les études validées par le BNETD (bureau d’études de l’État), le projet s’est heurté pendant près de deux décennies à d’inexplicables lourdeurs et blocages administratifs.
« Lorsqu’on fait l’autopsie d’un projet d’État immobilisé par 17 ans de paperasse administrative sans réponse claire, il s’agit bel et bien d’un sabotage. Et ceux qui en pâtissent, ce sont l’économie et les générations futures », a déploré l’auteur, rappelant qu’il continue d’alerter les institutions compétentes, notamment la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG).
En dehors du domaine foncier et de l’urbanisme, l’écrivain-essayiste a réaffirmé que sa démarche intellectuelle repose sur un triptyque indissociable :
1. Mieux gouverner le territoire en dotant les espaces de règles claires et d’équipements durables.
1. Éclairer les gouvernants par une parole loyale, sincère et argumentée qui alerte à temps sur les réalités du terrain.
1. Formé l’humain et la conscience pour doter les entreprises et les institutions de compétences guidées par l’éthique et le sens des responsabilités.
Refusant tout engagement sur le terrain politique électif et réaffirmant son vœu de retrait progressif vers ses terres natales, Touré Ahmed Bouah insiste : son unique combat désormais est de léguer des outils de réflexion et des boussoles citoyennes.
En clôturant la rencontre, l’auteur a annoncé un geste fort d’appui au monde du livre : l’intégralité des droits d’auteur générés par la vente de ses ouvrages sera reversée à l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire (AECI). Et, l’auteur est à son 84ème ouvrages.
Moussa Camara
Nasopresse.com