Côte d’Ivoire / Parler au monde » / Ramde Korotoum raconte son combat par le slam

Assistante de magistrat à la cour de cassation de Côte d’Ivoire, voix off, animatrice, maîtresse de cérémonie et slameuse, Ramde Korotoum multiplie les casquettes sans jamais perdre le fil conducteur de son parcours : la puissance de la parole. Depuis ses débuts dans le slam en 2018, elle s’est imposée par un style engagé, porté par des sujets de société comme l’immigration clandestine, l’exploitation des enfants, la tricherie scolaire ou encore la condition de la femme.
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‎Ramde Korotoum est de celles qui ont choisi de faire de leur voix un outil d’expression et de sensibilisation. Son parcours dans le slam commence en 2018, presque par nécessité.
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Membre de l’Association des élèves et étudiants musulmans de Côte d’Ivoire (AEEMCI), elle est alors secrétaire générale adjointe à la section Conférence documentaire. Les prises de parole publiques deviennent fréquentes, mais une difficulté s’impose : l’articulation et la diction.
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‎C’est dans ce contexte qu’elle découvre le slam, sur les conseils de Papa Zoro, qu’elle décrit comme « l’amour de sa vie » et dont elle garde aujourd’hui encore le souvenir. Ce qui devait être un simple exercice pour améliorer sa diction se transforme progressivement en passion, puis en véritable activité artistique.
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‎Au fil des années, elle accumule les expériences et les distinctions. Championne nationale du concours de slam consacré à l’immigration du Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire (CNJCI), vice-championne de la Flamme linguistique et deux fois finaliste du championnat national, elle attribue son parcours à trois valeurs : le travail, la persévérance et l’humilité.
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‎Mais au-delà des distinctions, c’est surtout le choix de ses sujets qui caractérise son identité artistique. Là où certains artistes privilégient les histoires d’amour, Ramde Korotoum préfère mettre en lumière les blessures de la société.
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‎Immigration clandestine, exploitation des enfants, tricherie scolaire, condition de la femme : sa poésie s’intéresse aux réalités parfois douloureuses du quotidien. Pour elle, le slam doit permettre de donner une voix à ceux dont les souffrances restent souvent silencieuses.
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‎Son engagement s’est notamment illustré à travers un texte consacré à l’immigration clandestine. Elle y décrit le parcours de jeunes qui, poussés par l’espoir d’une vie meilleure, se lancent sur des embarcations de fortune et affrontent les dangers de la traversée.
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‎Une manière, pour la slameuse, de rappeler que derrière les chiffres et les récits d’actualité se trouvent des vies, des familles et des rêves.
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‎Femme voilée dans un univers artistique qu’elle considère parfois très masculin et cru, Ramde Korotoum affirme ne pas avoir attendu une quelconque autorisation pour trouver sa place. « Je me suis imposée », résume-t-elle.
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‎Pour cette artiste, la voix ne sert donc pas uniquement à divertir. Elle doit aussi questionner, déranger et faire réfléchir. « Dans le slam, on dit ce qui est », affirme-t-elle, défendant une conception de cette discipline comme espace de vérité et de liberté.
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‎Cette même vision se retrouve dans son regard sur le panafricanisme. Pour Ramde Korotoum, être panafricain ne signifie ni rejeter les autres peuples ni considérer que l’Afrique n’a aucun défaut. Le véritable engagement, selon elle, consiste plutôt à connaître les difficultés du continent et à rechercher des solutions pour le faire avancer.
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‎À la question de savoir ce que son islam pourrait adresser aujourd’hui à l’humanité, sa réponse tient en une phrase, à la fois courte et forte : « Seigneur, que mon islam soit une arme de paix vis-à-vis de nos ennemis. »
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‎De la Cour de cassation aux scènes de slam, de la voix off aux cérémonies, Ramde Korotoum poursuit ainsi un même combat : faire de la parole un instrument qui dépasse le simple divertissement. Une parole pour dénoncer, sensibiliser, questionner et, surtout, porter un message de paix

Z.M
Nasopresse.com