L’ambassadeur de sa Majesté, rois du Maroc en Côte d’Ivoire, SEM Othman El Ferdaous, a annoncé l’arrivée de la première promotion de la Digital Farming School (DFS), prévue le 9 novembre. Portée par l’INP-HB et l’Université Mohammed VI Polytechnique, avec le soutien d’OCP Africa, l’école entend former des talents à la croisée de l’agronomie, de l’intelligence artificielle et de l’entrepreneuriat.
D’une école d’agriculture, on attend des agronomes. À Yamoussoukro, la Digital Farming School (DFS) ambitionne aussi de faire émerger des start-up. Son objectif : apprendre à ses étudiants à concevoir des solutions numériques adaptées à l’agriculture ivoirienne et à les transformer en projets viables.
La première pierre de l’établissement a été posée en juin 2023. Sa première promotion est attendue le 9 novembre. Le projet est porté conjointement par l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro (INP-HB) et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), avec le soutien d’OCP Africa.
L’initiative s’inscrit dans l’esprit de la coopération Sud-Sud. En 2017, dans un discours prononcé devant l’Union africaine, Sa Majesté le Roi Mohammed VI appelait à « joindre le geste à la parole pour nos générations futures ». À Yamoussoukro, la DFS entend contribuer à cette ambition par la formation et l’innovation.
En Côte d’Ivoire, une large part de l’agriculture reste tributaire des précipitations. Dans de nombreux villages, les repères traditionnels du calendrier agricole ne suffisent plus à anticiper les saisons. Des outils peuvent apporter de nouvelles réponses : capteurs connectés, prévisions par intelligence artificielle à l’échelle des parcelles et imagerie satellitaire.
L’enjeu est de les adapter aux réalités du terrain ivoirien et de permettre aux jeunes de développer des activités autour de ces solutions. C’est la vocation de la DFS : croiser agronomie, informatique et électronique pour former des profils capables de répondre aux besoins concrets du secteur.
La formation ne sera pas réservée aux ingénieurs ni aux agriculteurs. Cinquante places seront proposées, après trois semaines d’immersion. À terme, l’école vise la formation de 200 talents et agri-entrepreneurs en cinq ans, pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique de l’Ouest.
Gratuite et d’une durée de deux ans, la formation reposera sur l’apprentissage entre pairs et la réalisation de projets au sein d’une ferme-école. Les étudiants pourront se préparer à des métiers variés : développement d’applications agricoles, analyse de données, services cloud, création de prototypes, intégration de l’IA et des objets connectés, ou entrepreneuriat.
Ces compétences pourront se compléter au sein d’une même équipe. Développeurs, spécialistes des données et créateurs de prototypes pourront concevoir ensemble les solutions et les entreprises de demain. Certains pourraient même trouver leur futur associé sur les bancs de l’école.
La cérémonie d’inauguration se tiendra sous la présidence du professeur Adama Diawara, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et sous le co-parrainage des ministres Bruno Nabagné Koné et Djibril Ouattara.
Les initiateurs du projet saluent notamment les contributions de Moussa Diaby (INP-HB), Hicham El Habti (UM6P), Khalid Baddou (association DFS), Hajar Alafifi Laadel, Mehdi Filali (OCP Africa), du Dr Louis Koko et des équipes de la DFS.
Moussa Camara
Nasopresse.com