Côte d’Ivoire / Lutte contre la pollution plastique / La Côte d’Ivoire va se doter de la plus grande usine de recyclage dans le Gbêkê

L’Association des Journalistes Scientifiques de Côte d’Ivoire (AJSCI) s’est réunie ce jeudi 7 août 2026 à Abidjan pour un atelier axé sur la communication environnementale et la gestion des déchets plastiques. Organisée avec l’appui du Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL) et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), cette rencontre a été marquée par l’intervention décisive du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba.

Lors de sa présentation, le Professeur Yapo Ossey Bernard, Directeur général du CIAPOL, a dressé un bilan des stratégies nationales face à la prolifération du plastique. Prenant la parole, le ministre Abou Bamba a rappelé l’urgence d’une action collective en révélant des chiffres préoccupants :
• 400 000 tonnes de déchets plastiques sont générées chaque année en Côte d’Ivoire.
• Plus de 50 % de ces déchets échappent aux réseaux de collecte et moins de 5 % sont recyclés.
• Abidjan produit à elle seule plusieurs centaines de tonnes de plastique par jour, provoquant l’obstruction des canaux, des inondations mortelles et une dégradation critique des milieux lagunaires et marins.
Le ministre a souligné que les microplastiques touchent directement la santé humaine (détectés jusque dans le sang et le lait maternel) et alourdissent considérablement les dépenses publiques et sanitaires du pays.

Pour faire face à cette crise, Abou Bamba a annoncé la construction prochaine de la plus grande usine de recyclage de macro-déchets du pays dans la région du Gbêkê. Ce projet d’envergure vise à traiter un stock historique de déchets accumulés depuis plusieurs décennies, tout en créant des emplois pour les jeunes et en stimulant l’économie circulaire.

Le gouvernement entend coupler cette infrastructure à des mesures réglementaires et éducatives fortes :
• Application ferme du décret de 2013 prohibant la production, le transport et l’utilisation des sachets plastiques à usage unique.
• Adoption de la Stratégie Nationale 2030 axée sur la réduction à la source et le recyclage.
• Mobilisation des médias, qualifiés par le ministre de « traducteurs de la science », pour sensibiliser les populations, notamment les jeunes.

L’événement a également été l’occasion pour l’AJSCI de lancer officiellement le Prix du Meilleur Journaliste Scientifique de Côte d’Ivoire pour encourager un traitement médiatique rigoureux des enjeux écologiques majeurs comme le plastique ou l’orpaillage clandestin.

Moussa Camara
Nasopresse.com