C’était un rendez-vous avec le destin, une promesse de rachat martelée la veille en conférence de presse. Mais entre les intentions affichées et la réalité du rectangle vert, le fossé s’est révélé abyssal au Lycée Scientifique de Yamoussoukro le mercredi 29 juillet 2026 pour le Bénin.
Au terme d’un choc intense et d’un scénario digne des plus grands drames sportifs, le Niger a brisé les rêves des Guépards du Bénin (1-0), validant son billet pour les demi-finales du tournoi UFOA-B tout en scellant le retour prématuré de son voisin à la maison.
Première mi-temps : Un duel électrique sans étincelle finale
Dès le coup d’envoi, le décor est planté. Les deux nations se rendent coup pour coup dans une bataille tactique de haute volée. Technicité, vitesse d’exécution, engagement physique : le public acclame.
Côté béninois, l’intention de conquête est évidente.
Portés par un quatuor offensif en feu Mikpamahou Faton, Derolrudi Gnambode et Gratien Houndo en tête , les Guépards font frissonner les travées. Les combinaisons sont fluides, les dribbles chaloupés et les accélérations perforantes. Le camp nigérien prend l’eau, mais ne coule pas. Entre tirs repoussés, parades réflexes du portier adverse et une série de coups francs malheureusement mal exploités, le Bénin vendange ses temps forts et laisse filer sa chance.
En face, le Niger fait le dos rond avec une maturité remarquable. S’appuyant sur un bloc défensif d’une rigidité de fer, les Menas piquent en contre. Dans tous les bons coups, le virevoltant Ismaël Aziz régale par ses prises de balle, ses débordements chirurgicaux et des coups de pied arrêtés qui font passer un frisson dans la défense béninoise. À la pause, le score est de 0-0, mais la poudre est prête à s’enflammer.
Le piège de la pluie et l’éclair d’Abdoul Aziz.
Au retour des vestiaires, le ciel décide de s’en mêler. Une pluie battante s’abat sur la pelouse, la transformant rapidement en patinoire. Les crampons glissent, les appuis deviennent précaires, chaque frappe s’accompagne d’une perte d’équilibre. Dans ce chaos aquatique, c’est le Niger qui va savoir tirer son épingle du jeu.
Alors que le Bénin tente d’accélérer le rythme, une perte de balle fatale remonte le terrain à toute allure.
À la 26ᵉ minute de la seconde période, le cuir atterrit dans les pieds du jeune prodige de 19 ans, Ismaël Abdoul Aziz. D’une frappe limpide, il trompe le gardien béninois et fait trembler les filets ! Dans un accès d’euphorie incontrôlable, le héros du jour ôte son maillot pour communier avec ses supporters, un geste d’extase pure qui lui vaudra un carton jaune immédiatement oublié dans la célébration.
Niger 1 – 0 Bénin.
Le coup de massue est terrible.
Le mur nigérien et l’amertume béninoise
Piqués au vif, les Béninois jettent toutes leurs forces dans la bataille. C’est l’attaque à tout va, le tout pour le tout. Mais le Niger redouble d’agressivité positive et verrouille hermétiquement l’accès à sa surface de réparation. Frustrés par ce coffre-fort impénétrable, les joueurs béninois concèdent des fautes de nervosité, à l’image d’Angelo Akomonla, averti d’un carton jaune après une tentative désespérée d’imposer son physique.
Sur le terrain, le capitaine béninois s’égosille, tente de galvaniser ses troupes et de pousser ce dernier sursaut d’orgueil. En vain. Le chronomètre s’égrène, l’eau continue de tomber, et le rideau se ferme inexorablement.
Au coup de sifflet final, le contraste est saisissant : la joie explosive du clan nigérien, propulsé dans le dernier carré avec l’art et la manière, face à la détresse des Béninois, prostrés sur la pelouse trempée. Promis au rachat, le Bénin quitte Yamoussoukro la tête basse, tandis que le Niger poursuit sa route vers les sommets de l’UFOA-B.
Ferdinand KEYN
Nasopresse.com