Côte d’Ivoire / Frontières africaines / Abidjan pose les bases d’une cohabitation sécurisée et solidaire

Et si les tracés frontaliers cessaient d’être des barrières pour devenir des espaces d’opportunités ? C’est le pari audacieux lancé ce mardi 20 octobre 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, à l’occasion du coup d’envoi de la troisième édition de l’Abidjan Border Forum (ABF). Prévue jusqu’au 22 octobre, cette grand-messe réunit plus de 2 000 délégués autour d’une ambition commune : réinventer la gouvernance des frontières sur le continent.

Mandaté par le chef de l’État Alassane Ouattara, le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé a officiellement ouvert les travaux de cette édition axée sur le thème : « Peuples aux frontières : culture, intégration et sécurité ».

Devant un parterre de diplomates, d’experts et de dirigeants, dont le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le chef du gouvernement a martelé que le développement et la paix dépendent directement de la considération accordée aux populations locales.

Selon lui, la sécurité ne peut se résumer à un renforcement des forces de l’ordre. Elle implique impérativement d’offrir des perspectives économiques viables, notamment à la jeunesse, et d’assurer un accès équitable aux services de base.

Abondant dans le même sens, Mahmoud Ali Youssouf a exhorté les nations africaines à lever les barrières freinant les flux transfrontaliers. Tout en garantissant le respect de la souveraineté de chaque État, il a plaidé en faveur d’une refonte des postes frontières et d’une simplification administrative. Face à la persistance du terrorisme et de la criminalité organisée, la ratification des accords continentaux de coopération demeure, selon l’Union africaine, une urgence absolue pour concilier libre circulation et sécurité.

Cette dynamique régionale bénéficie d’appuis extérieurs solides. L’ambassadeur de Suisse en Côte d’Ivoire, Dominique Favre, a profité de la tribune pour confirmer l’engagement de Berne à financer la troisième phase du projet de gestion des frontières ivoiriennes, mené en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et l’ICMPD.

Pour Dr Diakalidia Konaté, commissaire général de l’événement, l’heure est désormais à l’action concrète. « Une frontière mieux gouvernée protège sans isoler », a-t-il rappelé.
Alors que les éditions précédentes s’étaient penchées sur la sécurité collective (2022) et la gestion des ressources naturelles (2024), les conclusions de ces trois jours d’échanges devront impérativement trouver un écho dans le quotidien des citoyens, pour que chaque limite territoriale devienne enfin le ciment d’un avenir partagé.

Moussa Camara
Nasopresse.com