Réunis en atelier national les 4 et 5 septembre 2026 à Yamoussoukro, les hauts responsables de la sécurité, du corps préfectoral et du secteur minier ont arrêté une nouvelle feuille de route offensive. Présidé par le Ministre Fidel Sarassoro, Secrétaire exécutif du Conseil National de Sécurité (CNS), cet atelier marque un tournant décisif : changement de méthode, durcissement des lois, déploiement de brigades fluviales et implication directe des préfets pour éradiquer ce fléau en six mois.
Face à la recolonisation persistante des sites et à la complexification des réseaux criminels, l’approche réactive a vécu. À Yamoussoukro, la Côte d’Ivoire a fait le choix de la fermeté et de l’anticipation. Clôturant deux jours de travaux intenses, le Ministre Fidel Sarassoro a salué des échanges « exigeants, lucides et résolument tournés vers l’action », portant la vision du Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, et les orientations du Conseil National de Sécurité (CNS).
Un bilan impressionnant mais insuffisant face à la résilience du fléau
Depuis juillet 202, la riposte de l’État ivoirien n’a pas chômé. Plus de 15 milliards de Francs CFA ont été injectés pour traquer les orpailleurs illégaux.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Plus de 1 000 sites déguerpis au cours de 8 500 opérations du Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GS-LHI) et des services partenaires ;
4 665 individus déférés devant les tribunaux ;
Des saisies colossales : environ 135 kg d’or, plus d’un milliard de Francs CFA en espèces et 745 engins lourds (pelleteuses).
Pourtant, le constat reste amer. « Le phénomène persiste, les sites se recolonisent, les réseaux se reconstituent », a martelé le Ministre. Désormais, l’État change d’échelle pour passer d’une simple réaction à un contrôle permanent du territoire.
La nouvelle stratégie : Le Corps préfectoral au cœur de la riposte
Le nouveau plan d’action national s’articule autour de quatre axes stratégiques majeurs :
Renseignement, alerte et cartographie : Mise en place d’un fichier biométrique des orpailleurs, commerçants et financiers, couplé à une cartographie dynamique des sites et à l’instauration d’un numéro unique de signalement.
Coordination territoriale renforcée : Les préfets de région deviennent les véritables généraux de cette bataille sur le terrain. Les Comités Départementaux de Sécurité (CDS) se réuniront désormais chaque semaine.
Pression opérationnelle et sécurité fluviale : Le GS-LHI verra ses effectifs doubler, passant de 4 à 8 brigades dans les régions les plus critiques (Haut-Sassandra, Bagoué, Bounkani, Iffou, etc.).
De plus, 21 pelotons de sécurité fluviale (PSF) seront déployés d’ici deux mois pour surveiller les quatre grands fleuves du pays et leurs affluents.
Dissuasion judiciaire et financière : Prochainement soumis au Conseil des Ministres, des projets de loi durciront considérablement les sanctions. Seront désormais visées la confiscation des biens, l’expulsion systématique des ressortissants étrangers impliqués, et la création d’une infraction pénale autonome punissant tout soutien matériel, financier ou foncier apporté aux orpailleurs clandestins.
Pari tenu d’ici début 2027 ?
Conscient de l’impact environnemental dramatique pollution des cours d’eau, destruction des forêts et menace sur la santé publique , le Ministre Fidel Sarassoro s’est montré inflexible : « Notre pays ne peut tolérer que des individus et des réseaux organisés dégradent nos terres et compromettent l’avenir de nos enfants. C’est inacceptable. »
Les recommandations adoptées à Yamoussoukro seront transmises au Conseil National de Sécurité pour la libération imminente des moyens opérationnels. Sur le terrain, l’engagement est clair : les préfets de région ont pris la responsabilité d’éradiquer l’orpaillage clandestin dans un délai rigoureux de 6 mois. La bataille pour la souveraineté environnementale et sécuritaire de la Côte d’Ivoire est plus que jamais lancée.
Ferdinand KEYN
Nasopresse.com