Côte d’Ivoire / Interview – Kopro Amani : « L’indépendance est une étape, mais la souveraineté doit être l’objectif »

À l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, Kopro Amani livre son analyse sur le chemin parcouru par le pays et les défis qui restent à relever. Dans cet entretien, il estime que l’indépendance acquise en 1960 doit désormais être renforcée par une véritable souveraineté nationale. Il appelle également à une meilleure prise en compte des préoccupations sociales des populations, notamment la lutte contre la vie chère, l’accès aux soins et l’éducation.

Monsieur Kopro Amani, 66 ans après l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance, quel regard portez-vous sur le parcours du pays ?

C’est une très bonne chose, mais c’est insuffisant. Il faut reconnaître le chemin parcouru depuis l’accession de notre pays à l’indépendance. La Côte d’Ivoire a enregistré plusieurs acquis importants dans différents domaines. Cependant, l’indépendance doit être considérée comme une étape vers un objectif plus grand : celui de la souveraineté.

Que représente pour vous cette notion de souveraineté ?

La souveraineté, c’est la capacité pour un État de décider librement de son avenir, de ses orientations économiques, politiques et stratégiques. Aujourd’hui, certains liens hérités de la période coloniale continuent, selon moi, de limiter cette autonomie. Il est important que la Côte d’Ivoire puisse disposer d’une plus grande marge de décision afin de donner un véritable sens à son indépendance.

Quels sont les secteurs dans lesquels la Côte d’Ivoire doit, selon vous, renforcer son autonomie ?

Il faut regarder plusieurs domaines essentiels, notamment la monnaie, la défense, le commerce et l’économie. Un pays véritablement souverain doit pouvoir maîtriser les secteurs stratégiques qui touchent directement à son développement et au bien-être de sa population.

Être indépendant est déjà une très bonne chose, mais la souveraineté sera encore meilleure pour la population et pour l’État de Côte d’Ivoire.

Pensez-vous que cette dynamique doit être engagée rapidement ?

Oui. Je pense que les autorités doivent engager cette réflexion avant la célébration du 67ᵉ anniversaire de notre indépendance. Il s’agit d’une question d’avenir pour notre pays et pour les générations futures.

Au-delà des questions institutionnelles, quelles sont les priorités sociales auxquelles l’État doit répondre ?

Il faut véritablement se pencher sur les préoccupations quotidiennes des populations. Les secteurs de la santé et de l’éducation doivent continuer à bénéficier d’investissements importants. Il faut également renforcer notre sécurité alimentaire et améliorer le pouvoir d’achat des Ivoiriens.

La lutte contre la vie chère doit rester une priorité nationale. L’État doit prendre des mesures pour accompagner les populations, notamment à travers le soutien aux produits de première nécessité.

La hausse du prix du carburant a été évoquée comme une difficulté pour les ménages. Quelle analyse en faites-vous ?

La hausse du prix du carburant a forcément un impact sur le quotidien des populations, car elle entraîne une augmentation des coûts dans plusieurs secteurs. Il faut donc que des solutions soient trouvées pour réduire la pression sur les ménages.

Il faut véritablement se pencher sur le social. L’État doit pouvoir subventionner certaines denrées alimentaires afin de permettre aux populations de mieux faire face aux difficultés économiques.

Quel message souhaitez-vous adresser aux Ivoiriens à l’occasion de ce 66ᵉ anniversaire de l’indépendance ?

Je souhaite que cette célébration soit un moment de réflexion sur notre avenir commun. Nous devons consolider les acquis, mais aussi travailler à construire une Côte d’Ivoire plus souveraine, plus juste et plus proche des préoccupations de ses citoyens.

L’indépendance est une fierté, mais elle doit toujours nous pousser à rechercher davantage d’autonomie et de progrès pour notre nation.

Interview réalisée par Ibo François
Nasopresse.com