Côte d’Ivoire / Chronique : France / En 1994, le ticket du zoo donnait aussi droit à… regarder des Ivoiriens !

On nous a toujours appris qu’au zoo, on va voir les lions, les girafes, les éléphants et les singes. Apparemment, en France, en 1994, il fallait ajouter une nouvelle espèce à la liste : l’Ivoirien.

Oui, vous avez bien lu !
Pendant que certains cherchaient la cage des crocodiles, d’autres faisaient la queue pour admirer des hommes, des femmes et des enfants venus de Côte d’Ivoire, installés dans un « village africain » au beau milieu d’un parc zoologique. Le concept était simple : tu paies ton ticket, tu regardes les animaux… et tu regardes aussi les Africains. Service compris !

Et après, on vient nous faire de grands discours sur les droits de l’homme, l’égalité et la fraternité. Fraternité avec qui ? Les girafes ou les Ivoiriens ?

Le plus fort dans cette histoire, c’est qu’il a fallu des signatures pour que cela se fasse. Des responsables français ont trouvé l’idée formidable. Et des responsables ivoiriens ont estimé qu’il n’y avait visiblement aucun problème à envoyer leurs compatriotes jouer les attractions touristiques.

À croire que, ce jour-là, certains avaient confondu « ambassade culturelle » avec « exposition humaine ».

Imaginez seulement la scène : une famille achète son billet. Le papa dit : « Les enfants, après les rhinocéros, on ira voir les Ivoiriens. » Et tout cela semblait normal !

Heureusement que la justice a fini par rappeler que les êtres humains ne sont pas des pensionnaires de zoo. Il était temps.

Cette affaire nous laisse une drôle de question : si un tel spectacle avait concerné des Européens dans un pays africain, combien de minutes auraient suffi avant que la planète entière ne crie au scandale ?

Le Village de Bamboula n’est pas seulement une histoire honteuse. C’est un miroir. Un miroir qui renvoie deux visages : celui d’une France qui a oublié, le temps d’un business, les valeurs qu’elle brandit à longueur de discours ; et celui de dirigeants ivoiriens qui n’ont pas su protéger la dignité de leurs propres compatriotes.

Comme quoi, parfois, le ridicule ne tue pas. Il entre simplement dans les livres d’histoire… avec un ticket d’entrée.

Gbich conclut : En 1994, certains allaient au zoo pour voir les animaux. Ils sont repartis en ayant surtout montré qui étaient les vrais sauvages.

Cette version adopte les codes de la satire de Gbich (ironie, chute mordante, questions provocatrices et humour grinçant) sans attribuer de faits qui ne sont pas établis.

Sacré Abel
Nasopresse.com