Côte d’Ivoire / Éthique et Intégrité dans le Sport / La Côte d’Ivoire fait figure de pionnière mondiale avec sa première promotion PEVIS-PEVIQ

Le sport ivoirien franchit un cap historique dans la promotion de la bonne gouvernance. Ce mardi 30 juin 2026, le Centre sportif, culturel et des TIC Ivoiro-Coréen Alassane Ouattara (CSCTICAO) a servi de cadre à la prestigieuse cérémonie de remise de diplômes de la première promotion du programme PEVIS-PEVIQ (Valeur, Éthique, Intégrité et Qualité). Au total, une soixantaine de professionnels et pionniers de cette cohorte « formateurs de formateurs » ont reçu leurs certificats de fin de cycle.

La cérémonie, ouverte par M. Patrice Bauma, Directeur Général du CSCTICAO, s’est tenue au siège de la Direction de l’Éthique, de la Gouvernance, de la Lutte contre le Dopage et de la Promotion des Valeurs du Sport (DGLD). Elle marque l’aboutissement d’un parcours intense débuté le 6 octobre 2025.

Soutenu activement par l’UNESCO, ce programme novateur s’inscrit en droite ligne de la politique nationale de l’éthique et de l’intégrité dans le sport. Lors de son allocution, M. Marcelin Daly, expert et ancien Secrétaire Exécutif du Sport à l’UNESCO, a rappelé avec émotion le chemin parcouru :
« La Côte d’Ivoire a été le premier pays au monde à avoir mis en place un tel dispositif. Cela a même été reconnu par le Secrétaire Général des Nations Unies dans son rapport lors de la dernière Assemblée Générale. C’est un élément de référence qui valorise le pays. »

Pourtant, le défi était de taille. M. Daly a révélé qu’initialement, le pays faisait face à des difficultés de conformité vis-à-vis de la Convention internationale contre le dopage et du Code mondial antidopage, ce qui menaçait sa capacité à abriter des compétitions internationales. Face à cette situation, l’UNESCO, avec l’appui de la France et la sollicitation du gouvernement ivoirien, a conçu ce projet « cas d’école » pour créer la toute première Charte de politique d’éthique, de valeurs et d’intégrité dans le sport.

L’une des grandes réussites de cette formation réside dans sa multidisciplinarité. En évaluant les auditeurs, les formateurs ont salué l’implication exceptionnelle des forces de l’ordre. Le Professeur Rosard, formateur et fort de 25 ans de carrière au sein de la police nationale, a invité à briser les clichés :
« Sortons de la boîte (« Get out of the box »). La police nationale dispose de cadres de vision et de docteurs hautement qualifiés qui doivent être valorisés. »

M. Marcelin Daly a renchéri en encourageant l’Organisation Nationale Antidopage (ONAD) à collaborer étroitement avec ces entités non sportives (Armée, Police, ministère de l’Intérieur), car le dopage et les trafics connexes constituent un défi de sécurité globale nécessitant une réponse interministérielle.

M. Assoi Kouamé Jean-Marie (Représentant adjoint de l’UNESCO) a souligné que cette action appuie l’agenda international des Objectifs de Développement Durable (ODD). Il a recommandé d’élargir au plus vite ces modules aux structures déconcentrées et de faire des femmes et des jeunes une cible prioritaire.
Prof. Aïssata Diakité (Présidente de l’ONAD), exprimant une joie immense, elle a rappelé que l’éthique, l’intégrité et la qualité sont des valeurs à cultiver au quotidien pour « transformer la Côte d’Ivoire et la rendre meilleure ».
Prof. Kouamé N’Guessan (Directeur de la Recherche à l’INJS), représentant le Directeur Général de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports, il a annoncé que ces modules seraient officiellement intégrés aux maquettes pédagogiques de l’institut, visant à terme près de 15 000 étudiants (futurs encadreurs, enseignants d’EPS et managers).

La gouvernance de l’UNESCO ayant changé en novembre dernier avec l’arrivée d’une direction égyptienne, et le contexte financier international se tendant (notamment avec le retrait des États-Unis de certaines instances onusiennes), les perspectives d’avenir ont dû être réadaptées.

Anticipant son départ de l’organisation internationale, M. Marcelin Daly a annoncé avoir créé une Académie Internationale d’Intégrité du Sport (sous loi 1901 en France) ainsi qu’une agence d’audit et de prospective. Ces structures privées prendront le relais pour assurer, de concert avec l’INJS, la continuité des formations certifiantes et diplômantes (de 2ème et 3ème degrés) au profit de la Côte d’Ivoire et du continent africain.

Le mot de la fin est revenu aux formateurs, exhortant les 61 récipiendaires à ne pas laisser dormir leurs parchemins dans des tiroirs, mais à devenir les ambassadeurs de la transparence pour que, selon la formule consacrée, « ce soit la Côte d’Ivoire qui gagne ».

Moussa Camara
Nasopresse.com